Transavia, Ryanair, Volotea… Face au kérosène cher, les compagnies low cost sont les premières à annuler des vols

Les compagnie à bas coût sont les premières touchées par la hausse des prix du kérosène, selon qu’elles ont signé ou non des contrats de couverture pour acheter leur carburant à un prix fixé par avance. Selon le commissaire européen à l’Energie, « il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés ».

Ryanair, Transavia, Volotea et d’autres: les compagnies aériennes à bas coût subissent plus durement que leurs concurrentes l’augmentation brutale du prix du kérosène. Elles sont en effet plusieurs à avoir annoncé, ces derniers jours, des suppressions de vols pour ce printemps et cet été, tandis que d’autres, ainsi que des influenceurs, incitent à « vite réserver » en prévision d’une hausse des prix des billets.

Le patron de Ryanair, qui a annoncé réduire de « moitié » son programme de vols depuis Berlin à partir d’octobre, et de 10% ses vols depuis Dublin pour cet été, Michael O’Leary, s’est ainsi agacé de voir les craintes de pénuries de carburant refroidir les voyageurs. « Nous pensons que les gens se retiennent de prendre leurs réservations », lançait-il à des journalistes italiens mi-avril.

Cette frilosité atteint d’abord les finances des « low cost », qui contrôlent un peu plus d’un tiers du marché mondial, selon diverses estimations. Avec des billets moins chers, elles ont moins de marge pour supporter la hausse du coût du carburant.

« Ce n’est pas inhabituel pour les transporteurs d’ajuster leurs plans de vol à cette époque de l’année », souligne Dudley Shanley, analyste financier de la banque d’affaires Goodbody interrogé par l’AFP. Mais « si les prix du kérosène restent à ces niveaux, il faudra encore un peu tailler chez les compagnies low cost », parie-t-il.

Annulations de vols et prix élevés

La profession est d’accord sur un point: tant que la guerre empêchera l’importation de pétrole et de kérosène depuis les pays du Golfe, les vols qui avant le conflit étaient les moins rentables, voire pas du tout rentables, ne pourront pas tous être maintenus. À commencer par ceux de la haute saison estivale.

« Hélas il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés », prévenait sur SkyNews le 22 avril le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen.

L’ajustement entrepris par les compagnies est plus ou moins fort et immédiat, selon qu’elles ont signé ou non des contrats de couverture pour acheter leur carburant à un prix fixé par avance. Les compagnies européennes le font plus souvent que celles du reste du monde.

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« Pas besoin de courir plus vite que l’ours »

Ainsi, plusieurs compagnie ont annoncé des suppressions de vols. La canadienne Air Transat, spécialisée dans le tourisme de masse, a abaissé de 6% son programme de vols de mai à octobre, tandis que la thaïlandaise Air Asia X a annoncé vendredi des suppressions de certains vols ou même de liaisons (comme Bangkok Don Muang-Shanghai), sans donner de chiffre global.

« Nous ne supprimons pas de capacités, parce que je pense que les autres en supprimeront », lançait jeudi le directeur général de la hongroise Wizz Air, Jozsef Varadi, cité par Aviation Week depuis Berlin. Et d’ajouter: « Pas besoin de courir plus vite que l’ours, mais il faut aller plus vite que le type à côté ».

Il pensait peut-être à la mesure la plus spectaculaire du secteur, celle du groupe allemand Lufthansa, qui venait d’annoncer quelques jours auparavant la suppression de 20.000 vols d’ici fin octobre, avec l’arrêt de sa filiale régionale CityLine. Son rival franco-néerlandais Air France-KLM a lui annulé 2% des vols de Transavia en mai et juin, a-t-il indiqué dimanche. KLM, en comparaison, a limité ces annulations à moins de 1% de ses vols européens.

Ryanair, de son côté, n’a pas invoqué le prix du kérosène, mais une « fiscalité stupide » en Allemagne, pour réduire de moitié son programme de vols depuis Berlin. Ce sera à partir d’octobre. Comme le reconnaissait son patron dans la presse italienne, alors que « l’activité connaissait un boom cette année » jusqu’aux attaques contre l’Iran le 28 février, ce n’est plus du tout la tendance. La compagnie irlandaise réduit aussi de 10% cet été ses vols depuis Dublin, en critiquant le manque de capacités de l’aéroport.

Par ailleurs, dès le 1er avril, l’espagnole Volotea avait annoncé la suppression de près de 1% de ses vols sur les six mois à venir.

Selon une étude publiée mardi par France Tourisme (Accor, Air France, Compagnie des Alpes etc), les vacances d’été des Français s’annoncent sous le signe de la sobriété et de la proximité. « L’été 2026 confirme un net ralentissement des départs », estime-t-elle dans un communiqué. « 68% des Français prévoient de partir au moins une semaine, soit une baisse de 9 points par rapport à 2025 » et « seuls 37% se déclarent certains de partir, contre 50% l’an dernier, traduisant une montée de l’incertitude ».


Source:

www.bfmtv.com

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