Lorsqu’un président est inapte à exercer ses fonctions, voici ce qui peut arriver selon la Constitution

Les appels bipartites à la destitution du président Donald Trump se sont multipliés le 7 avril 2026, après que celui-ci a menacé de détruire « toute une civilisation » si l’Iran refusait de rouvrir le détroit d’Ormuz.

Ces appels proviennent de tout le spectre politique, des représentants démocrates Alexandria Ocasio-Cortez de New York et Melanie Stansbury du Nouveau-Mexique à l’ancienne représentante Marjorie Taylor Greene et à l’expert de droite Alex Jones. Des alliés peu probables semblent s’accorder sur le fait que le président est allé trop loin et qu’il doit être maîtrisé.

Leurs inquiétudes sont apparues alors que l’Iran s’est retiré des négociations visant à mettre fin à la guerre et que le langage de Trump suggère qu’il envisage de l’intensifier en détruisant les centrales électriques et les ponts du pays.

Les inquiétudes quant à l’aptitude de Trump à exercer ses fonctions se sont accrues ces dernières semaines à mesure que ses commentaires sont devenus plus erratiques.

Si les législateurs tentent de destituer Trump de ses fonctions, voici ce qui se passerait :

Une scène du vote du Sénat lors du procès en destitution de Trump en 2020
Donald Trump a été mis en accusation à deux reprises, mais n’a pas été condamné.
Télévision du Sénat via AP

25e amendement

Le 25e amendement de la Constitution permet aux hauts fonctionnaires de destituer un président de ses fonctions. Il a été ratifié en 1967 à la suite de l’assassinat en 1963 de John F. Kennedy – auquel a succédé Lyndon Johnson, qui avait déjà eu une crise cardiaque – ainsi que de la révélation tardive des problèmes de santé rencontrés par le prédécesseur de Kennedy, Dwight Eisenhower.

Le 25e amendement fournit des procédures détaillées sur ce qui se passe si un président démissionne, décède en fonction, souffre d’une invalidité temporaire ou n’est plus apte à exercer ses fonctions.

Elle n’a jamais été invoquée contre la volonté d’un président et n’a été utilisée que pour transférer temporairement le pouvoir, par exemple lorsqu’un président subit une procédure médicale nécessitant une anesthésie.

L’article 4 du 25e amendement autorise les hauts fonctionnaires – soit le vice-président et la majorité du Cabinet, soit un autre organe désigné par le Congrès – à révoquer un président de ses fonctions sans son consentement lorsqu’il est « incapable de s’acquitter des pouvoirs et devoirs de sa fonction ». Le Congrès n’a pas encore désigné d’organisme alternatif, et les universitaires ne sont pas d’accord sur le rôle, le cas échéant, des responsables par intérim du Cabinet.

Les hauts fonctionnaires envoient simplement une déclaration écrite au président pro tempore du Sénat – le sénateur du parti majoritaire le plus ancien – et au président de la Chambre des représentants, déclarant que le président est incapable de s’acquitter des pouvoirs et des devoirs de sa fonction. Le vice-président assume immédiatement les pouvoirs et devoirs du président.

Le président peut cependant riposter. Il ou elle peut chercher à reprendre ses pouvoirs en informant par écrit les dirigeants du Congrès qu’il est apte à exercer ses fonctions et qu’il n’existe aucun handicap. Mais le président ne récupère pas la présidence simplement en disant cela.

Les hauts responsables qui remettent initialement en question l’aptitude du président disposent alors de quatre jours pour décider s’ils ne sont pas d’accord avec le président. S’ils font savoir aux dirigeants du Congrès qu’ils ne sont pas d’accord, le vice-président conserve le contrôle et le Congrès dispose de 48 heures pour se réunir pour discuter de la question. Le Congrès dispose de 21 jours pour débattre et voter sur la question de savoir si le président est inapte ou incapable de reprendre ses fonctions.

Le vice-président reste président par intérim jusqu’au vote du Congrès ou jusqu’à l’expiration du délai de 21 jours. Un vote à la majorité des deux tiers des membres des deux chambres du Congrès est nécessaire pour destituer le président de ses fonctions. Si ce vote échoue ou n’a pas lieu dans le délai de 21 jours, le président reprend immédiatement ses pouvoirs.

Le 25e amendement
Le 25e amendement à la Constitution américaine.
Archives nationales via AP

Les arguments en faveur de la destitution

L’article II de la Constitution autorise le Congrès à destituer et à démettre le président – ​​et d’autres responsables fédéraux – de leurs fonctions pour « trahison, corruption ou autres crimes et délits graves ». Les fondateurs ont inclus cette disposition comme un outil pour punir un président pour mauvaise conduite et abus de pouvoir. C’est l’une des nombreuses façons dont le Congrès pourrait garder le président sous contrôle, s’il le souhaitait.

La procédure de destitution commence à la Chambre des représentants. Un membre de la Chambre dépose une résolution de mise en accusation. La résolution est transmise au comité judiciaire de la Chambre, qui tient généralement une audience pour évaluer la résolution. Si le comité judiciaire de la Chambre estime que la mise en accusation est appropriée, ses membres rédigent et votent sur les articles de mise en accusation. Une fois que le comité judiciaire de la Chambre a approuvé les articles de mise en accusation, ils sont soumis à un vote en plénière.

Si la Chambre des représentants met en accusation un président ou un autre responsable, l’action est alors transférée au Sénat. En vertu de l’article I de la Constitution, le Sénat a la responsabilité de déterminer s’il convient de révoquer la personne de ses fonctions. Normalement, le Sénat organise un procès, mais il contrôle ses procédures et peut limiter le processus s’il le souhaite.

En fin de compte, le Sénat vote sur la destitution du président – ​​ce qui nécessite une majorité des deux tiers, soit 67 sénateurs. À ce jour, le Sénat n’a jamais voté pour destituer un président, même s’il a failli le faire en 1868, lorsque le président Andrew Johnson a échappé à sa destitution par une voix.

Le Sénat a également le pouvoir de disqualifier un agent public d’exercer une fonction publique à l’avenir. Si la personne est reconnue coupable et démise de ses fonctions, ce n’est qu’à ce moment-là que les sénateurs pourront voter sur l’opportunité de disqualifier définitivement cette personne d’exercer à nouveau des fonctions fédérales. Les membres du Congrès proposant la destitution de Trump ont promis d’inclure une disposition à cet effet. Un vote à la majorité simple suffit alors.

Il s’agit d’une version mise à jour d’un article initialement publié le 9 janvier 2021.


Source:

theconversation.com

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