L’UE a renforcé le dispositif de sanctions visant les secteurs énergétique et financier russes, mais a écarté pour l’instant l’interdiction maritime du transport de produits pétroliers russes, dans l’attente d’une décision du G7.
« Le train de mesures adopté aujourd’hui jette les bases d’une future interdiction des services maritimes pour le pétrole brut et les produits pétroliers russes », indique un communiqué de presse du Conseil de l’UE.
« Le Conseil se réserve le droit de prendre une décision même en l’absence d’un accord complet du G7 », a déclaré un responsable de l’UE.
Pour l’instant, le 20e train de sanctions de l’UE vise principalement à renforcer les mesures existantes, en ciblant particulièrement les recettes énergétiques de la Russie, ses exportations d’ammoniac, son système financier et les réseaux de contournement des sanctions. Les responsables affirment que l’effet cumulatif est déjà visible.
« Les sanctions ont un impact, et les données dont nous disposons indiquent que les 19 paquets de sanctions précédents ont clairement porté préjudice à la Russie et à l’économie russe, qui commence à se trouver dans une situation assez fragile et assez difficile », a fait remarquer un haut responsable de l’UE.
Les ministres n’ont pas réussi à conclure un accord avant le quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. La Hongrie et la Slovaquie ont bloqué l’adoption du 20e train de sanctions de l’UE contre la Russie depuis que le pétrole a cessé de circuler dans l’oléoduc Druzhba en raison des attaques russes. Cet oléoduc achemine le pétrole russe vers ces deux pays enclavés via l’Ukraine.
Bruxelles fait pression pour obtenir une interdiction maritime des produits pétroliers russes à l’échelle du G7. Le commissaire européen chargé des affaires économiques, Valdis Dombrovskis, avait laissé entendre auparavant que l’UE pourrait agir seule. « Nous n’hésiterons pas à prendre des mesures au niveau de l’UE si un accord plus large ne voit pas le jour », avait affirmé Dombrovskis en février.
Si l’embargo venait à être mis en œuvre, il remplacerait le plafonnement actuel des prix du pétrole par le G7, qui permet aux entreprises occidentales d’assurer et de fournir des services aux pétroliers russes à condition que le brut soit vendu en dessous d’un certain prix.
« L’embargo sur les services maritimes est un objectif à atteindre et remplacerait alors… le plafonnement des prix du pétrole », a déclaré un responsable de l’UE.
Source:
euractiv.fr




