Le Service hydrographique de la Marine a reçu son premier drone capable de plonger à 6 000 mètres de profondeur

Relevant du ministère des Armées, le Service hydrographique et océanographique de la Marine [SHOM] a la mission de connaître et de décrire le mieux possible l’environnement marin en tenant compte de nombreux paramètres [salinité, bathymétrie, température des différentes couches d’eau, courants, etc.]. Ce qui permet d’établir des cartes marines [et de les mettre à jour] mais surtout de garantir la liberté d’action de la Marine nationale.

Alors que le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 a confirmé le programme CHOF [Capacité Hydrographique et Océanique Future], avec la mise en service, à l’horizon 2030, de deux bâtiments hydrographiques et océaniques de nouvelle génération et de quatre systèmes de drones, le SHOM vient de recevoir le Narval, son premier drone sous-marin autonome [AUV] capable d’explorer les fonds marins en évoluant à 6 000 mètres de profondeur. Et cela, quelques mois après la mise en service du drone de surface Drix H-8, appelé «Marlin».

Au passage, lors des manœuvres interarmées Orion 26, le SHOM a déployé le Marlin pour cartographier la baie de Quiberon, «zone mal connue selon le scénario de l’exercice», afin de sécuriser un débarquement de troupes à partir des porte-hélicoptères amphibies mobilisés pour l’occasion. Des cartes de commandement terre-mer, des cartes d’informations aéronautiques et d’AOG [pour Amphibious Operations Graphics] ont pu être ainsi produites.

Quoi qu’il en soit, le Narval n’est autre que l’AUV Hugin Superior, conçu et produit par l’entreprise norvégienne Kongsberg Discovery. «Cet équipement innovant apporte une capacité de description des grands fonds à une résolution inaccessible jusqu’alors», souligne le SHOM, via un communiqué diffusé ce 20 avril.

«La livraison du Narval s’inscrit dans le plan de modernisation des moyens d’acquisition engagé en 2024, dont la première étape avait été marquée en septembre 2025 par la réception du Marlin, premier drone autonome de surface», rappelle-t-il.

Devant être mis en œuvre depuis le Bâtiment hydrographique et océanographique [BHO] Beautemps-Beaupré, le Narval peut rester en immersion pendant 72 heures. Grâce à ses capteurs, il permettra au SHOM de «mesurer simultanément la bathymétrie à une résolution de 20 cm, d’établir une image acoustique des fonds à une résolution de 5 cm et de collecter des mesures magnétiques et géochimiques».

En outre, le Narval servira à cartographier, en haute résolution, les fonds marins, d’évaluer les risques de pollution émanant d’épaves, d’explorer les ressources minérales et de surveiller les infrastructures sous-marines critiques [câbles, conduites de gaz et de pétrole, etc.].

«Les fonds marins au-delà de la zone côtière restent à ce jour très largement méconnus, alors même que leur cartographie à haute résolution est un besoin croissant aux niveaux national et international», fait valoir le SHOM, qui en fait un «enjeu de souveraineté», en évoquant la «protection des infrastructures sous-marines critiques» et «la préservation des intérêts nationaux dans les zones économiques exclusives françaises».

Lors d’une même plongée, le Narval peut collecter des données répondant à des besoins «hydrographiques, environnementaux et de défense». Données qui seront «traitées» grâce au recours à l’intelligence artificielle, l’un des objectifs du SHOM étant de mettre en place un «jumeau numérique du littoral» afin de mettre à la disposition des responsables militaires [mais aussi civils] des «produits certifiés et adaptés à leurs besoins opérationnels».

Photo : © Emmanuelle Mocquillon/Marine nationale/Défense


Source:

www.opex360.com

Annonce publicitairespot_imgspot_img

Articles les plus populaires