Le parlement biélorusse a adopté jeudi un projet de loi criminalisant la propagande en faveur des relations LGBTQA+, du changement de sexe, du mode de vie sans enfants et de la pédophilie, avec des sanctions comprenant des amendes, des travaux d’intérêt général ou des arrestations. La Biélorussie a rédigé le projet de loi en février 2024. Le projet de loi va désormais être soumis au président Loukachenko, qui devrait le signer.
La Biélorussie a décriminalisé le mouvement LGBTQA+ en 1994, après l’effondrement de l’Union soviétique, mais le mariage homosexuel n’a pas été reconnu dans le pays. En 2024, le ministère de la Culture de la République de Biélorussie a classé le mouvement LGBTQA+ comme « relation ou comportement sexuel non traditionnel », la même classification qui est donnée à la nécrophilie, à la pédophilie et au voyeurisme. En septembre de la même année, 15 personnes LGBTQA+ ont été arrêtées par les autorités biélorusses, certaines faisant l’objet de violences physiques et psychologiques. D’autres ont été contraints de fuir le pays.
La Biélorussie imite les politiques anti-LGBTQ+ de la Russie : la Russie a adopté le projet de loi interdisant la propagande LGBTQ+ en 2022. La Cour européenne des droits de l’homme a jugé que la version 2013 de la même loi était discriminatoire. En 2023, la Russie a interdit les chirurgies d’affirmation de genre et a qualifié le mouvement LGBTQ+ d’« extrémiste ». En 2024, la Russie a requalifié le mouvement LGBTQ+ d’organisation terroriste. La répression contre la communauté LGBTQA+ en Russie s’est poursuivie sous la forme de perquisitions dans les bars, d’amendes pour les publications sur Telegram, d’amendes contre les librairies pour les livres LGBTQA+, d’amendes contre Apple, de poursuites pénales, etc. En 2024, la Russie a interdit la propagande en faveur d’un mode de vie sans enfants et a interdit la propagande sur l’avortement un an plus tard.
Les organisations internationales et les groupes de défense des droits ont également exprimé leurs inquiétudes concernant les droits LGBTQA+ au Kazakhstan, en Turquie, en Hongrie, en Géorgie et en Bulgarie.
Source:
www.jurist.org




