Le Commissariat des armées teste une solution innovante pour renforcer la protection balistique du combattant

Renforcer la protection balistique du combattant tout en ne sacrifiant pas sa mobilité relève de la quête de la pierre philosophale. Ces dernières années, des recherches ont été menées sur la soie d’araignée, décrite comme étant plus résistante que le kevlar, la nacre, dont la structure était censée inspirer la fabrication d’une matière plastique quatorze fois plus résistante que l’acier tout en étant huit fois plus légère, ou encore les matériaux dits «architecturés».

L’an passé, toujours dans le même registre, l’Agence de l’innovation de défense [AID] fit savoir qu’elle finançait le projet CAPBAB [Céramiques légères à base de phosphure de bore pour applications balistiques] en soulignant que les «phases céramiques de type phosphure de bore» étaient «prometteuses» car «légères et présentant des duretés élevées, voisines de celles du carbure de bore», utilisé dans les blindages des chars.

Cela étant en 2019, c’est-à-dire à une époque où l’innovation était particulièrement mise en avant par le ministère des Armées [c’est un peu moins le cas actuellement], l’Institut de recherche biomédicale des armées [IRBA] avait été distingué pour avoir mis au point, en collaboration avec l’entreprise RXR Protect, le gilet de protection «Air Shock Absorber», dont le principe reposait sur un système de bulles d’air à pression réglable censé absorber et répartir l’énergie des impacts de balles. Il était alors question d’utiliser un «matériau spécifique» pour réduire la masse de ce gilet et en améliorer l’ergonomie.

Selon l’IRBA, cette innovation allait permettre de limiter le risque de lésions corporelles internes, potentiellement mortelles, que l’impact d’une munition hypervéloce est susceptible d’engendrer.

Seulement, cet «Air Shock Absorber» n’a plus fait parler de lui par la suite. Pour autant, les recherches se sont poursuivies pour aboutir à un dispositif anti-trauma de haute performance, «RXR Protect», lequel est actuellement entre les mains du Laboratoire du commissariat des armées [LABOCA].

Ainsi, explique le Service du commissariat des armées [SCA], le RXR Protect vise toujours à «absorber» et à «disperser l’énergie des chocs» afin de «réduire les traumatismes causés par l’effet arrière lors d’un impact balistique». Désormais, il s’insère dans le gilet pare-balles, «derrière le pack souple et la place de protection balistique».

Ainsi, poursuit le SCA, «en assurant une diminution de la profondeur du cône de déformation arrière, les cellules d’air limitent l’effet arrière pouvant être responsable de lésions».

Ne pesant que 350 grammes [dans sa configuration complète] pour une épaisseur de 3 centimètres, le RXR Protect est compatible avec les gilets de protection balistique [GBP] en dotation au sein des forces françaises.

Selon le Centre interarmées du soutien équipements Commissariat [CIEC], les essais balistiques réalisés par le LABOCA sont prometteurs. Ceux réalisés en configuration de type NIJ IV [protection contre les armes de guerre] ont donné satisfaction. Il en est allé de même avec la configuration NIJ IIIA [protection contre les armes de poing], après une vingtaine de tirs effectués avec des munitions de 9 mm.

«Les phases d’expérimentation vont se poursuivre et si les résultats sont concluants, le RXR Protect ou tout dispositif équivalent pourrait intégrer l’équipement individuel de protection du combattant», a conclu le SCA.

Photo : Le gilet « Air Shock Absorber », tel qu’il avait été présenté par l’IRBA en 2019


Source:

www.opex360.com

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