La Suède a confirmé qu’elle jouerait un rôle central pour faciliter la reprise des contacts entre l’UE et les autorités talibanes en Afghanistan, alors que Bruxelles intensifie ses efforts pour coordonner le retour des ressortissants afghans.
Lundi, Euractiv a été le premier à annoncer qu’une délégation talibane était attendue à Bruxelles avant l’été pour des discussions très sensibles avec des responsables de l’UE et des autorités nationales concernant l’expulsion des Afghans, à l’invitation de la Suède et de la Commission européenne.
Stockholm a désormais officiellement confirmé son rôle dans la poursuite des discussions. « La Suède se joindra à la Commission pour inviter une délégation technique de Kaboul à poursuivre le dialogue au niveau technique à Bruxelles », a déclaré le ministre suédois de la Migration, Johan Forssell, dans un communiqué transmis à Euractiv.
Selon des responsables proches du dossier, cette réunion – initiée par le ministère belge de la Migration – rassemblera des représentants de la Commission, du Service européen pour l’action extérieure et d’un groupe restreint d’États membres, dont la Belgique et la Suède.
Cette initiative intervient malgré l’isolement international persistant du gouvernement taliban qui, depuis son retour au pouvoir en 2021, a imposé des restrictions drastiques aux libertés civiles, notamment l’interdiction de l’enseignement secondaire pour les filles et de l’accès à l’université pour les femmes.
Ces discussions prévues font suite à une mission conjointe de l’UE et de la Belgique à Kaboul en janvier, qui a jeté les bases d’un engagement technique plus poussé.
Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé que les préparatifs étaient en cours pour donner suite à la visite à Kaboul, mais a refusé de préciser si l’exécutif européen accueillerait officiellement la réunion. Les autorités belges ont indiqué que des discussions entre les États membres et la Commission étaient en cours à Bruxelles.
L’exécutif européen a précédemment reconnu avoir eu des « contacts exploratoires » avec les autorités de facto afghanes, menés en coordination avec le service diplomatique de l’UE, dans le but de faciliter les retours.
L’implication de la Suède reflète une pression plus large exercée par les pays membres pour mettre en place une approche européenne plus coordonnée. En octobre, la Belgique a mené une initiative soutenue par 19 pays appelant à une coopération renforcée concernant le retour des ressortissants afghans condamnés pour des crimes.
(jp)
Source:
euractiv.fr




