
Ce jeudi 2 avril, le maire de Béziers était à Paris pour assurer la promotion de son livre « Lettre à Clara », publié aux éditions Télémaque. Dans ce court texte, il s’adresse à sa fille Clara, 24 ans, aux idées opposées aux siennes. Un ouvrage qui paraît au lendemain des Municipales mais aussi à un an des Présidentielles.
C’est un court livre d’une centaine de pages. Ce jeudi 2 avril, Robert Ménard assurait la promotion de Lettre à Clara qui paraissait le jour même, aux éditions Télémaque. France Inter, RMC, BFM, C’est à vous… Le maire de Béziers défendait ce texte intime, sincère mais non dénué de dimension politique – il sort d’ailleurs à l’issue des élections municipales. Un ouvrage toutefois différent de la quinzaine d’autres dont il est déjà l’auteur.
Dans Lettre à Clara, il s’adresse directement à sa fille, 24 ans et « d’extrême gauche », dans une tentative de dialogue qui dépasserait les clivages politiques, les divergences d’opinions. « Je crois qu’on peut essayer de débattre quand on est de bonne foi et que chacun a confiance en l’autre. C’est pour ça que j’ai écrit cette lettre, car j’étais blessé par le fait qu’on s’aime tant, tout en étant à ce point différents sur des questions essentielles, politiques, ou plutôt de société », explique-t-il.
Conflit israélo-palestinien, immigration, défense des animaux, médias, foi, mariage pour tous… Avec un ton doux, Robert Ménard veut expliquer comment il s’est forgé certaines opinions, comment il doute, a changé sur certains sujets, comment ils peuvent, lui et sa fille, parvenir à se retrouver. Et surtout éviter de lui asséner la ritournelle du conflit générationnel. « Car sur une partie de ce qu’elle dit, elle a raison. »
« Clara m’a fait évoluer plus que n’importe qui d’autre »
« Je ne suis pas le seul à vivre ce genre de situations, cela me semble refléter de vraies divisions dans notre société, c’est pour ça que j’ai voulu faire ce livre. Si on y met chacun du sien, la politique n’est pas l’alpha et l’oméga, on peut discuter sans s’affronter violemment […] Clara m’a fait évolué plus que n’importe qui d’autre », exprime-t-il encore.
C’est en discutant avec son éditeur, Stéphane Watelet, que l’idée de cet ouvrage est née. Au départ, père et fille devaient l’écrire ensemble, à quatre mains. « Mais c’était difficile d’être exposée pour elle. Je lui ai fait relire, elle a demandé à changer quelques éléments. Je ne l’aurais jamais fait sans son accord. Mais vous ne pouvez pas éternellement exclure la politique des repas de famille […] J’ai eu beaucoup de mal à écrire ce texte, à écrire à ma fille en sachant que d’autres allaient le lire. Mais elle est contente que j’ai mis ça noir sur blanc, ça nous a fait plaisir, ça m’a rendu heureux même si c’était difficile ».
« Peut-être qu’il faudrait s’adresser aux Français différemment »
Écrire quand on ne parvient pas à dire : Robert Ménard maîtrise l’art de communiquer et partage, avec cette publication, un message politique plus large. La médiatisation de ce texte est aussi une façon de se présenter à tous sous un autre jour : « Peut-être qu’il faudrait s’adresser aux Français différemment, dit-il, loin des discours formatés, corsetés dans des raisonnements qui ne correspondent plus à la réalité. »
Pour lui, ce texte reste avant tout une déclaration d’amour qui doit pouvoir trouver un écho. « Je pense que ce livre peut servir à tout un tas de gens. À l’heure où le RN d’un côté et LFI de l’autre poussent, il n’est pas inintéressant de voir qu’on peut trouver un terrain d’entente sur les mots. »
Source:
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