Après un Conseil des ministres délocalisé à Montluçon et un bain de foule, Emmanuel Macron a inauguré, mercredi 22 avril à Échassières, dans l’Allier, la nouvelle mine de lithium de l’entreprise Imerys. Un vaste projet assis sur un des principaux gisements mondiaux de minerai de lithium qui devrait permettre, à partir de 2030, de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700 000 voitures électriques.
« C’est exactement le sens de l’histoire industrielle que nous devons faire », a affirmé Emmanuel Macron au milieu de la carrière, défendant longuement la « cohérence de cette décennie » qu’il aura passée à l’Élysée à rechercher la réduction des dépendances stratégiques européennes.
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Le projet, baptisé « Emili », figure parmi les 150 « grands projets stratégiques » (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l’État et des collectivités territoriales, initiative annoncée en novembre par le président lors du premier sommet « Choose France – Édition France » et formellement lancée en janvier.
« Méthode Notre-Dame de Paris »
Portés pour moitié par des PME et des ETI, ces 150 projets sont répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d’euros d’investissement cumulé, et couvrent « l’ensemble du spectre industriel stratégique », selon l’Élysée : agroalimentaire, centre de données, biocarburants, batteries, santé, aéronautique, défense…
Pour les accélérer, « c’est la méthode Notre-Dame de Paris », a plaidé Emmanuel Macron : « Un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte et des délais record qu’on doit tenir. »
La reconstruction de la vénérable cathédrale de Paris tient lieu d’exemple à suivre en matière de simplification et d’accélération des procédures, tout comme les Jeux olympiques de 2024, qui avaient été précédés d’une loi de simplification.
« Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame » et qui « parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou à faire un poulailler », à part « une forme d’à-quoi-bonisme », s’est exclamé le président, comme il l’avait fait en recevant des maires le 16 avril à l’Élysée.
Il s’agira donc à ses yeux de « 150 cathédrales industrielles » et d’un « combat jumeau » en faveur de projets agricoles.
« Réduire massivement les délais »
Concrètement, le gouvernement compte avancer tambour battant grâce à la loi de « simplification » adoptée la semaine dernière au Parlement, mais aussi grâce à un « décret contentieux » pour les « projets stratégiques » pris ce mercredi, a détaillé le chef de l’État.
Pour échapper à des recours qui « freinent » les chantiers, les contentieux seront « unifiés » au niveau de la Cour administrative d’appel, ce qui est censé faire gagner « un an » sur les délais, a-t-il expliqué.
Deuxième point, la mise au point de « dispositifs clés-en-main » pour identifier et fournir du « foncier économique » prêt à l’emploi aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire qui veulent s’installer ou s’étendre.
Enfin, Emmanuel Macron, dont le bilan écologique est souvent jugé en demi-teinte, a aussi dit vouloir « simplifier les évaluations environnementales », en remettant « du bon sens » pour « réduire massivement les délais ». « Non pas pour réduire l’exigence environnementale, mais simplement pour acter le fait qu’on a beaucoup de procédures », a-t-il assuré, confiant une mission en ce sens au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
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Au milieu d’une actualité internationale chargée, entre la réception du Premier ministre libanais à l’Élysée et un déplacement à Chypre et en Grèce, et alors que son gouvernement se débat entre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et les gels de crédits budgétaires, le chef de l’État a présidé mercredi la traditionnelle réunion hebdomadaire des ministres depuis Montluçon.
« Dans un souci de sobriété », a fait valoir la présidence, seuls les ministres concernés par la séquence ont accompagné le chef de l’État et Sébastien Lecornu, à savoir Mathieu Lefèvre, Laurent Nunez (Intérieur), Roland Lescure (Économie), Annie Genevard (Agriculture), Françoise Gatel (Aménagement du territoire), Sébastien Martin (Industrie). Le reste du gouvernement a participé au Conseil des ministres en visioconférence depuis l’Élysée.
Avec AFP
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