Changer de couleur de vêtement en fonction de la météo n’est pas une coquetterie. Chez Agapostemon subtilior, « l’abeille qui sue », c’est le degré d’humidité qui influence sa parure. Ces deux photos montrent la même abeille prise à quelques heures d’intervalle, dans une atmosphère très sèche (10 % d’humidité), à gauche, ou dans une atmosphère très humide (95 %), à droite. Une étude publiée le 22 avril dans Biology Letters relate cette étonnante expérience qui fait passer du bleu profond au vert cuivré la couleur de ce spécimen.
Contrairement à la plupart des animaux, dont la couleur provient de pigments, ces abeilles doivent leur coloration à des structures microscopiques qui réfléchissent et diffusent la lumière. Le changement de couleur serait dû à un effet mécanique : l’hydratation, en augmentant l’espacement des couches réfléchissantes, provoque la réflexion de longueurs d’onde plus grandes.
Première autrice, Madeleine Ostwald, chercheuse en sciences comportementales et biologie à l’université Queen-Mary de Londres, a reproduit l’expérience sur 12 abeilles récemment prélevées, sur l’île californienne de Santa Cruz, et 12 autres individus d’A. subtilior conservés depuis trois à six ans dans les collections d’invertébrés de l’université de Californie à Santa Barbara. Le changement de couleur observé était nettement plus prononcé sur les sujets anciens. « Il est possible que la dégradation naturelle de la cuticule chez les spécimens plus âgés augmente la perméabilité de celle-ci à l’eau, amplifiant ainsi les effets de l’humidité ambiante », rapportent les auteurs. A noter que le phénomène se produit quelles que soient les conditions de départ, sèches ou humides, et qu’il est réversible.
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Source:
www.lemonde.fr




