Adoptées dès les premiers rayons, tongs,
mules et claquettes inquiètent les podologues, qui parlent de «
catastrophe pour le dos ». Comment ces chaussures d’été perturbent
votre posture sans que vous vous en rendiez compte ?
Entre tongs en plastique, mules minimalistes et claquettes de
piscine détournées en chaussures de ville, ces modèles ouverts
envahissent les looks de printemps. Pourtant, derrière l’image de
confort et de cool, les spécialistes du pied alertent sur leur
impact sur la posture. Pour eux, ces chaussures ouvertes à
l’arrière ne sollicitent pas seulement la voûte plantaire,
elles perturbent aussi la colonne vertébrale. De quoi reposer
sérieusement la question du lien entre tongs, mules, claquettes et
mal de dos.
Tongs, mules, claquettes : le faux confort qui remonte
jusqu’aux lombaires
Point commun de ces it-shoes d’été : aucun maintien du talon et
des semelles très plates, souvent souples. Pour ne pas perdre la
chaussure, les orteils s’agrippent à chaque pas – c’est l’effet
« clawing » ou « gripping » décrit par les podologues. Cette crispation
répétée verrouille la cheville, sollicite excessivement les muscles
du mollet, puis modifie l’axe des genoux et l’inclinaison du
bassin. Résultat, tendinites, aponévrosite plantaire et douleurs de
dos se multiplient après les vacances, au retour des longues
marches en mules ou en tongs.
Une étude australienne publiée dans le Journal of Foot and
Ankle Research, menée sur plus de 1600 personnes, a montré que
63 à 72 % portaient des chaussures inadaptées à leurs pieds, avec à
la clé troubles d’équilibre, douleurs de hanches et lombalgies. Les
tongs et claquettes cumulent plusieurs facteurs de risque :
affaissement de la voûte plantaire, instabilité de la cheville,
démarche raccourcie. Des tests de conduite ont aussi mis en
évidence que le temps pour passer de l’accélérateur au frein
pouvait quasiment doubler en tongs, augmentant le risque
d’accident. Pas étonnant que les recommandations officielles
classent sabots, claquettes et tongs ouvertes à l’arrière parmi les
modèles à proscrire chez les pieds fragiles.
Les alternatives stylées que les
podologues valident pour votre dos
Les experts conseillent de privilégier des sandales avec au
moins une bride arrière, une semelle stable et un talon de 3 à 4
cm, hauteur jugée idéale pour la posture. Concrètement, plusieurs
modèles cochent ces cases tout en restant tendance :
La slingback, fermée devant avec bride fine au talon, qui offre
le look de la mule mais un maintien réel.
La sandale à brides croisées, dès qu’une lanière passe derrière
la cheville ou bien maintient le cou-de-pied.
L’espadrille compensée à rubans, qui enserrent la cheville et
stabilisent le pas malgré la hauteur.
Les podologues tolèrent généralement tongs et claquettes pour de
très courtes distances – autour de la piscine ou sur la plage –
mais pas pour une journée de shopping ou de bureau. Ils
recommandent aussi d’alterner les paires d’un jour à l’autre afin
de ne pas imposer les mêmes contraintes à la chaîne musculaire et
articulaire. Amusant au passage : la tong est l’une des plus
anciennes chaussures connues, déjà portée vers 4000 avant J.-C. en
Égypte antique, en papyrus et feuilles de palmier. Sur le béton
moderne et nos journées à 10 000 pas, son héritage se fait sentir
bien plus haut que le talon, jusque dans les lombaires.
Source:
www.bibamagazine.fr




