Ce département réplique aux suppressions de poste dans ses écoles avec un lexique ironique

«Hémorragie : état de santé actuel de la carte scolaire du Lot ». Le conseil départemental a adopté mi-avril un ironique « Petit lexique de l’ambition éducative » pour dénoncer auprès du ministère de l’Education nationale les suppressions de postes de plus en plus nombreuses.

« Plutôt que de faire une longue déclaration institutionnelle classique et qui deviendra invisible », les élus ont « voulu prendre l’Education nationale à son propre jeu et renverser les mots, qu’ils trouvent vidés de leur sens », a expliqué à l’AFP François Kuss, le directeur de cabinet du président du département, Serge Rigal.

« Tester la résistance nerveuse des enseignants »

En 2026, le Lot devrait perdre 30 postes et demi, de la primaire au lycée, a indiqué François Kuss. « Ça nous a marqués, car il y a eu beaucoup plus de suppressions de postes que les années précédentes », a-t-il dit.

Dans leur lexique, adopté le 13 avril lors de la session de printemps, les conseillers départementaux définissent « l’ambition éducative » comme un « concept abstrait consistant à supprimer des moyens tout en demandant de meilleurs résultats », ou encore une « classe surchargée » comme une « méthode pédagogique innovante visant à tester la résistance nerveuse des enseignants ».

Ras-le-bol

A la lettre M, le « maillage territorial » est défini comme un « filet de sécurité éducatif que l’on s’efforce de transformer en dentelle, jusqu’à ce qu’il ne reste que les trous » tandis qu’à la lettre Z, la « zone blanche » est présentée comme l’« avenir proche du Lot où l’on capte mieux la 5G que le signal d’un professeur devant son tableau ».

Ce lexique « exprime un ras-le-bol des tableurs Excel, des moyennes, des chiffres, puisque cela ne reflète en aucun cas la réalité géographique et sociale du territoire. C’est une façon de dire stop », a déclaré à l’AFP Catherine Prunet, vice-présidente du conseil départemental en charge de la culture, de l’éducation et de la jeunesse.

Les conseillers départementaux demandent en outre « l’ouverture par le recteur d’académie d’une véritable concertation entre les services de l’Education nationale, le département et les maires afin de construire une carte scolaire basée sur les besoins humains, pédagogiques et territoriaux ». « Nous avons besoin de construire une carte scolaire selon les besoins humains territoriaux », a ajouté Catherine Prunet.


Source:

www.20minutes.fr

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