« Les efforts de Trump pour contraindre l’Iran à conclure un accord suscitent optimisme et confusion », titre le Wall Street Journal, « le président américain affirme que l’Iran a accepté de renoncer à son uranium enrichi et que le détroit d’Ormuz sera entièrement rouvert ». Mais tout n’est pas si simple, comme le souligne le Washington Post : « L’Iran a limité l’ouverture du détroit d’Ormuz », le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi « a précisé que la navigation était autorisée, uniquement « le long de la route coordonnée » approuvée par l’Iran. »
Quant à renoncer à son uranium enrichi, il semble bien que l’Iran n’y soit pas prêt. « Téhéran affirme que son uranium enrichi ne va nulle part », titre le Times, à Londres. « Détroit d’Ormuz, cessez-le-feu, négociations : une solution à la guerre en Iran est-elle vraiment proche ? » s’interroge de son côté le quotidien allemand die Welt, qui juge qu’on est « encore loin de la fin de la crise au Moyen-Orient, les positions des belligérants demeurant très divergentes ». En France, le Figaro semble, lui, un peu plus optimiste, estimant que « la trêve entre l’État hébreu et le Hezbollah offre au président américain un succès diplomatique et la perspective d’une issue à sa guerre contre Téhéran ».
Une trêve qui interroge
Au Liban, la conclusion de cette trêve de dix jours avec Israël suscite beaucoup moins d’optimisme. « Cessez-le-feu : une victoire ou un piège pour le Liban » ? La question est posée par l’Orient-Le Jour. Pour le journal francophone libanais, « les clauses fuitées par les Américains relèvent davantage d’un accord sécuritaire – qui n’a pas été négocié au préalable – entre le Liban et Israël, que d’un cessez-le-feu censé permettre la tenue de négociations ». Pas question, donc, de crier victoire.
« La réalité ne se discute pas », remarque l’Orient-le Jour, elle ne peut être ni contournée ni travestie. Une guerre qui laisse derrière elle des milliers de morts, des milliers de blessés, plus d’un million de déplacés, des villages entiers effacés de la carte, un Sud de nouveau occupé, ne peut, en aucune manière, être transformée en victoire sans que cela ne relève d’une fabrication délibérée ».
Le journal Haaretz, lui, analyse ainsi la situation. Pour le quotidien israélien, « le cessez-le-feu pourrait renforcer l’autorité du gouvernement libanais, relancer la diplomatie avec Israël, et priver l’Iran d’un atout majeur dans les négociations avec les États-Unis. Mais il est essentiel qu’Israël prenne conscience des limites de Beyrouth quant à sa capacité à désarmer le Hezbollah ».
« Deuxième continent le plus vaste du monde »
Une question enfin : quand le continent africain obtiendra-t-il sa dimension exacte sur la carte du monde ? Question posée par le journal Le Monde. Le quotidien français nous explique que « l’Union africaine a chargé le Togo de présenter à l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, la projection Equal Earth, qui donne une représentation de la taille des continents plus proche de la réalité ». Et pas, comme le souligne le quotidien français, une carte « élaborée en 1569 », appelée Mercator, « où le Groenland est aussi vaste que l’Afrique » alors que « dans la réalité, l’Afrique est quatorze fois plus grande que le Groenland ».
Interrogée par Le Monde, Fara Ndiaye, directrice exécutive adjointe de l’ONG Speak Up Africa, analyse ainsi la situation : « Les cartes ne sont pas neutres. Ce sont des symboles puissants qui façonnent notre vision du monde. Quand l’Afrique est systématiquement représentée comme plus petite qu’elle ne l’est, cela renvoie le message implicite que c’est une région périphérique. Or, c’est le deuxième continent le plus vaste du monde en superficie et en population ».
Seulement voilà, utiliser une nouvelle carte n’a rien d’évident. Selon Le Monde, « aucun État africain n’a officiellement adopté la carte alternative, du fait des obstacles financiers et techniques ». « Sans oublier », conclut le quotidien français, « la nécessité de soumettre le sujet aux géants du numérique, vecteurs de notre représentation cartographique du monde, à portée de téléphone ».
Source:
www.rfi.fr




