L’homme reste invariablement souriant, le regard absent. Ses bras croisés laissent entrevoir des tatouages à moitié effacés avec le temps. Il explique d’une voix douce qu’il est ici depuis plus d’un an, après être passé par le centre pénitentiaire de Beauvais (Oise), puis celui de Bapaume (Pas-de-Calais). Sur les 25 ans ferme dont il a écopé, il lui en reste 5 à tirer. L’hôpital ? Il connaît aussi. « Mais j’étais laissé seul… ». La prison ? « Je ne prenais pas bien mon traitement. J’avais des crises d’angoisse… »
Il assure que depuis qu’il a été transféré au centre pénitentiaire de Château-Thierry, dans l’Aisne, ses paniques ont disparu, qu’il est « bien soigné » et que les surveillants sont « bienveillants ». Dans sa cellule d’un peu plus de 6 m2, une toute petite fenêtre perchée à plus d’1,80 mètre ne lui laisse pas l’opportunité de voir un bout d’extérieur.
Il l’a voilé, histoire de mieux regarder le jeu télévisé. Sur le mur, sont scotchées plusieurs photos que l’on devine de sa famille, mais pas seulement. Quelques affaires sont plus ou moins rangées comme il peut, faute de place.
Un schizophrène a-t-il sa place en prison ?
Sur les hauteurs de la ville, à quelques pas de son centre, s’érige le bâtiment en pierre de 1850 classé monument historique. C’est en 1950 que l’établissement se spécialise dans la prise en charge de détenus psychopathes, puis devient un centre pénitentiaire…
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