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Municipales 2026 en Occitanie : Mouly, Frêche, Roustan… Ces candidats charismatiques qui ont fait basculer les élections

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Ancrées à gauche ou à droite depuis des lustres, Narbonne, Montpellier ou Alès ont changé de camp le temps d’une élection municipale pour mieux suivre un candidat charismatique. Et lui sont restées fidèles.

En 1971, Hubert Mouly fait sensation à Narbonne

21 mars 1971. Hubert Mouly y croyait-il vraiment ? La gauche tenait les rênes de Narbonne depuis 80 ans, à l’exception des années d’Occupation. Une citadelle imprenable, au pays audois du Midi rouge. « On était, déclarait-il quelques jours après, de petits notables narbonnais qui ne faisaient pas de politique. Nous espérions bien leur donner une bonne gifle, mais pas plus. »

Hubert Mouly, reconnaissable à sa coupe en brosse, élu à Narbonne en 1971.
Hubert Mouly, reconnaissable à sa coupe en brosse, élu à Narbonne en 1971.
L’INDÉPENDANT

La main a frappé suffisamment fort pour gagner aux points, à 384 voix près… La faute au député-maire socialiste sortant, Francis Vals, qui avait refusé toute alliance avec les communistes. Et envoyé valser aussi cet avocat de 46 ans, un certain Hubert Mouly, maire pendant douze ans du village audois de Villardebelle, et qui voyait désormais un peu plus grand. Faute d’accord avec Vals, Mouly avait créé un mouvement dit apolitique, baptisé Nouveau Narbonne, qui ratissait large : socialistes dissidents, droite conservatrice catholique et société civile.

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La vague « a bouté hors de l’hôtel de ville une majorité socialiste […] obscurantiste », continue à assurer Nouveau Narbonne. Et si le mouvement se revendiquait apolitique, il siégeait tout de même dans les rangs de droite au Département et à la Région. Réélu cinq fois, il passa à la main à l’un de ses adjoints, Michel Moynier, en cours de mandat, en 1999, après vingt-huit ans passés aux manettes. La gauche reprend la main en 2008 avec Jacques Bascou avant de la reperdre au profit de Didier Mouly, fils du père, puis Bertrand Malquier. Nouveau Narbonne a toujours la main.

Montpellier : en 1977, les débuts de l’ogre Frêche

Georges Frêche, à l’appétit glouton, n’a jamais eu pour habitude de donner sa part aux chiens. L’ex-maire de Montpellier et président de Région a cultivé très tôt cette boulimie. En 1969, il débarque à Montpellier comme professeur agrégé, spécialiste du droit romain. Il estomaque son médecin, le docteur Vedel : « Vous avez en face de vous le futur maire ». Il s’y casse les dents deux ans plus tard, face au maire giscardien François Delmas, mais pas de quoi démonter le téméraire animal politique. La prédiction est confirmée le coup d’après, en 1977 !

Comment un quasi-inconnu, néo-Montpelliérain qui plus est, s’était-il imposé aussi vite ? Avec du culot et un sacré aplomb, du haut de son mètre 92. À Montpellier, la gauche est moribonde. L’ex-président du Département, André Vezinhet, se souvient qu’« en 1971, les caciques ont laissé le jeune turbulent Frêche aller au combat en se disant “Il va prendre la pâtée et ça le calmera” ». Il ne s’est jamais calmé. Il avait obtenu entre-temps une assise électorale : il était devenu député en 1973.

Le jeune Georges Frêche élu en 1977 à Montpellier.
Le jeune Georges Frêche élu en 1977 à Montpellier.
MIDI LIBRE

La gauche l’emporte le 20 mars 1977, avec 52 %, après un premier tour où les deux candidats Frêche et Delmas étaient au coude à coude. Les voix écologistes du premier tour se sont reportées sur le premier. Les socialistes exultent. François Delmas et ses soutiens se font huer. Des milliers d’électeurs envahissent l’Esplanade et le Pavillon populaire où l’Internationale est chantée à tue-tête. Georges Frêche est élu maire cinq jours plus tard, le 25 mars, à 39 ans. Depuis, aucun candidat de droite n’est arrivé à renverser la vapeur.

Alès : en 1995, l’UDF Roustan enterre les communistes

Il s’était écoulé 50 ans depuis la Libération. Et qu’ils soient SFIO ou PCF, les députés-maires d’Alès se succédaient à gauche en asphyxiant les velléités de droite, comme plus acclimatés à l’air du bassin minier. Car longtemps, Alès fut une terre rouge, ouvrière, charbonnière. Mais ça, c’était avant. Avant que la droite locale s’allie avec le socialiste Alain Fabre en 1989 sur une liste d’ouverture, pour en finir avec l’héritage communiste. « Comme moi, il les détestait. On a gagné au premier tour », résume Roustan, qui n’avait pas ceci dit, à l’époque, le leadership à droite.

C‘est avec l’avocat Gilbert Vezon que Fabre avait scellé l’accord. Au premier le poste de premier adjoint, au second le fauteuil de maire. L’entente entre les deux finit par voler en éclat. Mais le jeune Roustan, resté adjoint de cette municipalité bringuebalante, manœuvra en coulisses. Après avoir mis un pied dans la porte, Roustan finira par la dégonder et s’émanciper six ans plus tard, en 1995, quand il coiffe sur le fil l’ex-maire Gilbert Millet (à 177 voix près !) et son ancien allié, le maire sortant Alain Fabre, dans une âpre triangulaire. Le tribunal a mis plusieurs mois pour confirmer l’élection gagnée de justesse. « Je me souviens qu’on m’avait piqué la dernière urne au Plan d’Alès, celle qui m’avait fait gagner ! »

Max Roustan intronisé maire d’Alès en 1995.
Max Roustan intronisé maire d’Alès en 1995.
MIDI LIBRE

Son élection comme député UDF en 1993 l’avait suffisamment ancré dans le paysage. C’était parti pour trente ans, sur les ruines d’un passé qui avait perdu de son lustre ouvrier avec la fermeture des mines, les unes après les autres, sur fond de combat syndical qui finira par être perdu. « Les communistes m’accusaient d’avoir volé leur “maison”, ils pensaient que ce n’était qu’un accident, qu’ils reprendraient la mairie six ans plus tard. » Réélu au premier tour en 2001, 2008, 2014 et 2020 – un record en Occitanie pour une ville de cette taille –, il a passé la main en douceur à son bras droit de toujours, Christophe Rivenq, avant la fin du mandat.

En 1995, la surprise du chef communiste Alain Clary à Nîmes

Souvent Nîmes varie, bien fol est qui s’y fie… Voilà qui aurait pu être l’adage local pour le dernier quart du XXe siècle. Avant 1983, une longue tradition socialiste et communiste avait ancré fermement la ville à gauche. Émile Jourdan (PCF) avait gouverné la ville pendant près de vingt ans. Puis vint une valse à trois temps : deux mandats pour l’UDF Jean Bousquet entre 1983 et 1995, un mandat pour Alain Clary (PCF) entre 1995 et 2001, avant l’élection de l’UMP Jean-Paul Fournier et une longue traversée du désert pour la gauche. Le premier quart du XIXe siècle allait être moins agité que le dernier du XXe siècle.

1995 aura été la dernière vraie surprise nîmoise, une bascule pas gagnée d’avance. Et une quasi-anomalie dans le pays… En pleine déconfiture du Parti communiste, six ans après l’effondrement du mur de Berlin, le parti raflait à la droite une ville de plus de 100 000 habitants.

Le communiste Alain Clary élu maire de Nîmes en 1995.
Le communiste Alain Clary élu maire de Nîmes en 1995.
MIDI LIBRE

Il avait fallu tous les ingrédients d’un cocktail : l’habileté d’Alain Clary qui parvenait à faire une union de la gauche élargie à la société civile, ric-rac à un mois du scrutin ; la dissidence à droite de l’ex-premier adjoint Camille Lapierre ; l’endettement municipal plombant le bilan du patron de Cacharel Jean Bousquet ; et le tout béni par une quadrangulaire qui permettait au prof d’histoire-géo Alain Clary de tirer les marrons du feu, avec seulement 35 % des voix, le 18 juin 1995. La dynamique s’inversait. « Avant, nous étions traités de ringards, de passéistes, c’était dans l’air du temps avec les bouleversements dans le bloc de l’Est », témoignait dans nos colonnes Alain Clary il y a douze ans en prenant sa retraite politique. Entre-temps, il avait retenté deux fois sa chance, en vain : balayé par la vague bleue UMP en 2001 et pas plus chanceux en 2008.

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En 2026, la tête de liste à gauche est à nouveau un communiste, Vincent Bouget, qui est parvenu à faire l’union et qui est aussi professeur d’histoire-géo. Comme un clin d’œil à Clary. La droite est divisée avec la dissidence d’un ex-premier adjoint, comme en 1995. Le Rassemblement national est en embuscade, bien plus fort qu’il y a vingt ans. Toute ressemblance avec des faits ayant existé serait purement fortuite. On verra bien si souvent Nîmes varie.

L’extrême droite à Saint-Gilles, Beaucaire, Béziers et Perpignan

Le premier, à l’extrême droite, à avoir fait basculer une commune du Languedoc-Roussillon, s’appelait Charles de Chambrun, ex-ministre du général De Gaulle. On était en 1989, à Saint-Gilles. Le FN y remportait même sa première ville de plus de 10 000 habitants. Une aventure de courte durée : trois ans plus tard, il démissionnait, sur fond de crise politique interne à sa majorité.

Robert Ménard (à gauche) et Louis Aliot.
Robert Ménard (à gauche) et Louis Aliot.
PIERRE SALIBA

Il a ensuite fallu attendre vingt-cinq ans, en 2014, à 25 kilomètres de là : Beaucaire élisait Julien Sanchez. La même année, plus à l’ouest, Robert Ménard l’emportait à Béziers avec le soutien du Front national. Il mettait fin à près de vingt ans de règne pour l’UMP Raymond Couderc, qui ne se représentait pas. Robert Ménard a été réélu en 2020, année d’une autre bascule : celle de Perpignan, encore un peu plus à l’ouest. Louis Aliot, vice-président du RN, emportait la ville détenue par la droite depuis 1993 (Jean-Paul Alduy puis Jean-Marc Pujol).


Source:

www.midilibre.fr

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