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La diversité et le changement sont la tradition de l’Europe

NederlandLa diversité et le changement sont la tradition de l'Europe

L’identité de l’Europe est souvent débattue comme s’il s’agissait d’un héritage fixe. Mais la tradition la plus durable de l’Europe est l’évolution elle-même : un continent façonné par les échanges, les réformes et les sociétés plurielles, désormais ancré dans le droit et la protection des droits de l’UE.

Un continent fait de contact et non d’uniformité

L’histoire de l’Europe est souvent racontée comme une histoire de racines. Moins souvent, il est raconté comme une histoire d’itinéraires – de mouvement, de traduction, de commerce et d’argumentation. Il est cependant difficile d’identifier une période au cours de laquelle les sociétés européennes se sont développées de manière isolée. Les empires, les cités-États, les royaumes et plus tard les États-nations se sont développés et sont tombés en contact constant avec les mondes voisins et entre eux. Le résultat n’était pas une ligne culturelle unique, mais un tissu dense de langues, de religions et d’expériences politiques.

Même le canon intellectuel du continent reflète cela. L’accès renouvelé de l’Europe médiévale à la philosophie et à la science classiques a été accéléré par les réseaux de traduction couvrant l’arabe, l’hébreu, le grec, le latin et les langues vernaculaires. Tolède, en particulier, est devenue un centre de traduction majeur au Moyen Âge, contribuant à faire circuler les œuvres d’Aristote, de Galien et d’Hippocrate – parallèlement à leurs commentaires – dans la vie scientifique européenne plus large, comme le décrit Récit de l’UNESCO sur les traducteurs de Tolède.

Le changement est une habitude politique européenne

La tradition politique de l’Europe n’est pas une continuité sans rupture ; il s’agit d’un long processus d’autorité contestée et de réformes graduelles (et parfois soudaines). Les contraintes constitutionnelles pesant sur le pouvoir, les traditions parlementaires et la protection moderne des droits ont émergé au cours de siècles de conflits – souvent douloureux, souvent incomplets, mais incontestablement évolutifs.

Le XXe siècle offre la preuve la plus frappante que l’Europe peut se reconstruire en repensant ses institutions. Après les ravages des deux guerres mondiales, l’intégration européenne a été conçue comme un projet de paix. Le leadership institutionnel de l’UE a marqué à plusieurs reprises le 9 mai 1950 Déclaration Schuman comme un moment fondateur de ce changement – ​​de la rivalité à une gouvernance partagée dans des secteurs clés, comme chemin vers une paix durable.

Cette intégration reste un processus vivant. L’Union européenne, fondée par six États, est aujourd’hui composée de 27 États membreset sa légitimité dépend non seulement des traités, mais aussi de sa capacité à s’adapter aux nouvelles réalités : sécurité, climat, technologie et démographie.

La diversité n’est pas seulement sociale : elle est inscrite dans le droit européen

Le débat européen actuel sur le pluralisme semble souvent culturel. Mais dans le contexte européen, cela est également constitutionnel. Le Traité sur l’Union européenne énonce les valeurs fondamentales de l’Union, notamment la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et les droits de l’homme, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités (article 2). Il engage également l’UE à respecter « sa riche diversité culturelle et linguistique » et à sauvegarder le patrimoine culturel européen (article 3, paragraphe 3).

Le Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ajoute des protections concrètes qui comptent dans la vie quotidienne – couvrant la liberté de pensée, de conscience et de religion (article 10), la liberté d’expression et d’information (article 11) et la non-discrimination (article 21). La place de la Charte dans l’ordre juridique de l’UE est devenue de plus en plus visible dans le débat public, notamment dans des réflexions telles que Couverture du European Times sur les 25 ans de la Charte.

Participation citoyenne : un rappel que l’Europe est inachevée

La tradition de changement de l’Europe n’est pas seulement imposée d’en haut. Cela dépend également de la pression des citoyens, de l’organisation de la société civile et de la contestation publique, en particulier lorsque les institutions sont en retard sur les réalités sociales.

Un exemple récent est le Conférence sur l’avenir de l’Europeun exercice à l’échelle de l’UE qui a collecté des contributions via une plateforme numérique multilingue et des milliers d’événements enregistrés. D’ici mai 2022, la Commission européenne fait état de près de cinq millions de visiteurs uniques sur la plateforme et de plus de 50 000 participants actifs, ainsi que de milliers de débats et d’événements. Quoi que l’on pense de sa suite politique, le message sous-jacent est sans équivoque : l’identité démocratique de l’Europe est traitée – du moins en principe – comme quelque chose que les citoyens peuvent encore façonner.

Le risque d’oublier ce qu’est l’Europe

La tentation politique aujourd’hui est de présenter la diversité comme une perturbation – quelque chose d’importé, de récent et de déstabilisant. Ce cadre suscite peut-être des applaudissements, mais il entre en contradiction avec le record européen. Les réalisations les plus durables de l’Europe sont le fruit des frictions et des échanges : la circulation des idées, l’évolution des institutions et l’expansion progressive des droits.

Cela ne signifie pas que tout changement est automatiquement positif ou que le pluralisme ne présente aucun défi. Cela signifie quelque chose de plus simple et de plus exigeant : l’identité de l’Europe n’a jamais été la « pureté ». Il s’agit de la capacité d’argumenter, de réformer et d’absorber les différences sans abandonner l’État de droit et les droits fondamentaux. Si l’Europe veut la continuité, elle doit protéger les mécanismes mêmes qui l’ont historiquement produite : un débat ouvert, une gouvernance légale et une dignité égale.

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Source:

europeantimes.news

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