
Deux collaborateurs du député Raphaël Arnaultfigurent parmi les onze personnes placées en garde à vue, selon Le Figaro. Des appels à la démission et à rompre les ponts avec le parti sont lancés.
Deux nouvelles interpellations ont eu lieu, mercredi, dans l’enquête ouverte autour de la mort de Quentin Derangue, un militant du collectif d’extrême droite Némésis lynché par au moins six individus masqués et cagoulés, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, jeudi dernier.
Une affaire qui secoue la classe politique et fragilise La France insoumise, à l’approche des élections municipales.
Investigations : des collaborateurs du député arrêtés
Au lendemain de l’interpellation de neuf personnes, un couple a été arrêté, mercredi matin, dans le cadre de l’enquête ouverte pour homicide volontaire. L’homme est soupçonné d’avoir un lien direct avec les violences, sa compagne l’aurait aidé, elle, à se soustraire à la justice.
Au total, onze personnes étaient donc en garde à vue, mercredi, dans ce dossier, dont neuf ont été prolongées. Sept d’entre elles ont été arrêtées pour homicide volontaire, précise le parquet, les autres sont entendues pour « mise à disposition de moyens pour se soustraire aux recherches ».
Au moins quatre membres de la Jeune garde font partie des suspects entendus par les enquêteurs, dont deux collaborateurs parlementaires du député Raphaël Arnault (LFI), selon les informations de BFMTV : Jacques-Elie Favrot, fiché S, qui a reconnu avoir commis des violences, mais pas les coups mortels, selon son avocat.
Et Robin Chalendard, qui apparaîtrait sous le nom de Robin Michel à l’Assemblée nationale, a appris Le Figaro. Selon les informations du quotidien, il ne ferait pas partie des six principaux suspects qui ont porté les coups fataks.
Les enquêteurs lui reprochent d’avoir fourni un logement à l’un des suspects recherchés. A-t-il aidé dans sa fuite son collègue du Palais Bourbon, Jacques-Elie Favrot ?
Tensions : LFI prise pour cible
L’affaire ébranle La France insoumise (LFI), liée à la Jeune garde, le collectif officiellement dissous en 2025, mais mis en cause dans la mort du militant identitaire. Le siège du parti mélenchoniste a été évacué mercredi matin, dans le 10e arrondissement à Paris, en raison d’une alerte à la bombe.
Le coordinateur du parti, Manuel Bompard, a annoncé, environ une heure plus tard,qu’une inspectiondes locaux avait permis d’écarter la présence d’explosifs.
Un courriel, rendu public par l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, affirmait que des « explosifs » avaient été placés dans les locaux dans la nuit de mardi à mercredi, avec ces deux phrases de conclusion : « Vous allez le payer au centuple pour avoir assassiné Quentin. En 2027, on va faire du sale. »
Plusieurs permanences de candidat LFI ont également été vandalisées ces derniers jours (Lille, Metz, Belfort, Tours…) Des menaces qui exacerbent le climat de tension politique à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.
Répercussions : un parti plus isolé que jamais
Le parti de Jean-Luc Mélenchon est sous pression et plus que jamais isolé après l’arrestation de deux assistants du député Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune garde.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a confirmé mercredi au Sénat que l’élu était lui-même fiché par le renseignement intérieur.
« Est-il normal qu’un candidat aux élections législatives condamné pour violences, fondateur d’un groupe d’ultra-gauche, fiché S […] puisse être éligible et élu ? », a-t-il lancé.
La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a interdit à l’assistant Jacques-Elie Favrot d’accéder au Palais Bourbon, a quant à elle jugé que LFI devait s’interroger sur l’opportunité de maintenir Raphaël Arnault dans ses rangs.
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, est allé plus loin, appelant le parlementaire à la démission. S’il est confirmé qu’un ou plusieurs collaborateurs de Raphaël Arnault ont été mis en cause dans la mort de Quentin Deranque, le député devra « en tirer toutes les conséquences », a plaidé, lui aussi, l’ancien Président socialiste François Hollande.
Une hypothèse écartée par Aurélien Taché. « Il ne doit pas démissionner. Il n’est pas mis en cause par la justice », assure le député LFI, regrettant qu’on puisse « essayer de le décrédibiliser ».
Mais les répercussions ne se limitent pas au cas Arnault. Reprochant au parti de Jean-Luc Mélenchon d’avoir cultivé une proximité avec la Jeune garde, « qui fait du combat physique son but et sa méthode », François Hollande estime que le lien doit être « rompu entièrement » par LFI, formation avec laquelle, a-t-il dit, « la relation […] est terminée ».
Jordan Bardella a appelé, lui, à un « front commun » contre le parti mélenchoniste, qui dénonce, lui, depuis plusieurs jours une « instrumentalisation » politique du drame.
Source:
www.midilibre.fr






