Après plus de 600 jours sans gouvernement régional de plein exercice, la Région de Bruxelles-Capitale reste confrontée à une situation politique inédite par sa durée. Les négociations engagées à la suite des élections régionales n’ont, jusqu’à présent, pas permis de dégager une majorité capable de former un exécutif stable.
C’est dans ce contexte que le président du Mouvement Réformateur, Georges-Louis Bouchez, a déclaré, ce vendredi, que la formation d’un gouvernement était devenue une « question de survie » pour Bruxelles. Le MR affirme avoir identifié une majorité possible et invite les sept partis concernés à entamer des négociations formelles dans les prochains jours.
Une situation institutionnelle complexe
Le blocage politique à Bruxelles s’explique en grande partie par la complexité institutionnelle propre à la Région. Toute majorité doit en effet reposer sur un double équilibre, à la fois francophone et néerlandophone, dans un paysage politique particulièrement fragmenté. Les divergences programmatiques, les équilibres linguistiques et les stratégies partisanes ont rendu jusqu’ici toute coalition difficile à finaliser.
Depuis le début de la crise, plusieurs missions d’information et tentatives de rapprochement ont été menées entre les partis représentés au Parlement bruxellois. Aucune n’a toutefois abouti à un accord de gouvernement, prolongeant une situation d’affaires courantes.
Des négociations sans issue depuis plusieurs mois
Au fil des mois, différentes configurations de majorité ont été évoquées, incluant tantôt des coalitions élargies, tantôt des accords plus restreints. Ces discussions se sont systématiquement heurtées à des désaccords sur la composition des alliances, les priorités politiques ou les équilibres institutionnels à respecter.
Dans l’intervalle, la Région continue d’être administrée par des gouvernements sortants limités à la gestion quotidienne, sans capacité à engager de nouvelles réformes structurelles ni à adopter des orientations politiques de long terme.
L’initiative du MR
Selon le MR, une majorité parlementaire serait désormais identifiable. Le parti appelle donc à l’ouverture rapide de négociations concrètes, estimant que les conditions seraient réunies pour avancer vers la formation d’un gouvernement dans un délai rapproché. Aucune composition précise n’a toutefois été rendue publique à ce stade.
La déclaration de Georges-Louis Bouchez vise à relancer un processus politique enlisé depuis de nombreux mois, alors que plusieurs acteurs institutionnels et socio-économiques soulignent l’importance de disposer d’un exécutif pleinement opérationnel.
Une attente toujours forte
Alors que Bruxelles demeure confrontée à des enjeux majeurs en matière de finances publiques, de sécurité, de mobilité ou de logement, la question de la formation d’un gouvernement régional reste entière. Les prochains jours permettront de déterminer si l’appel lancé par le MR débouchera sur une nouvelle phase de négociations ou s’il s’inscrira dans la continuité d’un processus jusqu’ici marqué par l’absence de compromis durable.
À ce stade, aucune échéance officielle n’a été fixée, mais la pression politique autour du dossier continue de s’intensifier.


