Auteur : Dirk De Keuster (Cabinet d’avocats Dirk De Keuster)
Les étapes suivantes ont été suivies dans le processus de révision :
La Commission européenne prépare une révision
La Commission prépare actuellement la révision des directives européennes sur les marchés publics. Dix ans après l’introduction des règles actuelles — directives 2014/24/UE, 2014/25/UE et 2014/23/UE — la Commission souhaite évaluer si elles répondent toujours aux besoins des pouvoirs publics et des entreprises dans un contexte économique et géopolitique en rapide évolution. La révision devrait conduire à un cadre de passation des marchés publics plus moderne, plus simple et plus stratégique, qui soutient mieux la durabilité, l’innovation et la résilience européenne.
Depuis fin 2024, la Commission travaille systématiquement sur ce processus : par le biais d’un vaste examen, de consultations publiques et de consultations avec les États membres, les régions et les parties prenantes. Les résultats de ces analyses serviront de base à une future proposition législative qui devrait être présentée en 2026.
Avec cette révision, la Commission vise non seulement à simplifier les règles européennes en matière de marchés publics, mais également à mieux les aligner sur la transition verte et numérique, l’autonomie stratégique de l’Europe et la participation des PME au marché intérieur.
Résultats de l’enquête du 15 mai 2025
Début 2025, la Commission a ouvert une consultation publique (une enquête) sur le fonctionnement des directives sur les marchés publics. Les parties intéressées avaient jusqu’au 7 mars 2025 pour répondre. Un peu plus de 700 réponses ont suivi.
Les résultats préliminaires de la première enquête ont été publiés le 15 mai 2025. Une chose était claire : la réglementation actuelle suscite des critiques. C’est trop complexe, il y a trop peu de marge de flexibilité, il y a trop peu de concurrence et il y a trop peu d’accès structurel pour les petites entreprises. L’enquête confirme donc qu’une révision de la réglementation des marchés publics est nécessaire.
Bien entendu, les éléments négatifs ne sont pas les seuls à être mentionnés. L’enquête montre également qu’il y a plus de transparence. Après tout, environ 62 % pensent que les lignes directrices ont assuré une plus grande ouverture et publication des offres. Deuxièmement, le respect de l’environnement, la responsabilité sociale et l’innovation seraient également encouragés selon les entités publiques.
Résolution du Parlement européen
Le Parlement européen a adopté une résolution le 9 septembre 2025 dans laquelle il demande que les préparatifs pertinents tiennent compte des questions que le Parlement européen a identifiées comme prioritaires. D’une part, il convient d’accorder davantage de poids aux considérations non liées aux prix et, d’autre part, de manière plus générale, le Parlement européen s’efforce de mettre en place une réglementation des marchés publics plus efficace et moins lourde.
Le Parlement européen souligne la nécessité d’une expansion. L’éventail des critères que les pouvoirs adjudicateurs prennent en compte dans les procédures de placement doit être élargi. Le Parlement européen fait un certain nombre de propositions, telles que l’impact climatique, la circularité et les effets sociaux. La raison derrière ces propositions est que les projets moins chers emploient plus souvent des employés qui doivent travailler dans des conditions pires et que les entreprises soumissionnaires utilisent plus souvent des matériaux nocifs pour l’environnement. Le Parlement européen se réfère au rapport de l’Autorité européenne du travail. Ce rapport indique que le travail non déclaré (et donc de mauvaises conditions de travail) ainsi que le non-respect des objectifs de durabilité et des normes sociales sont plus fréquents dans les contrats où le seul critère est « le prix le plus bas ».
Un deuxième objectif est la nécessité d’une réglementation plus efficace. Cela faciliterait la participation des PME. Là aussi, le Parlement européen fait une suggestion, à savoir encourager la division des marchés en lots. Une numérisation accrue est également nécessaire. Cela permettrait de simplifier les procédures, ce qui conduirait également à une plus grande accessibilité pour les PME.
Enfin, le Parlement européen souhaite que la participation des entreprises européennes soit favorisée. C’est ce qu’on appelle la « préférence européenne ». Dans cette optique, le Parlement européen soutient l’idée selon laquelle les pouvoirs adjudicateurs devraient pouvoir exiger des soumissionnaires qu’ils concluent des partenariats avec des entités juridiques établies dans l’UE dans le cadre de contrats revêtant une importance stratégique pour l’UE dans son ensemble. C’est par exemple le cas des matières premières ou des infrastructures. Les partenariats peuvent porter sur la technologie ou certains savoir-faire.
Nouvelle enquête
Le 3 novembre 2025, la Commission a lancé une nouvelle consultation publique. Cela découle de l’évaluation et de la résolution susmentionnée du Parlement européen.
La nouvelle consultation publique consiste en un questionnaire disponible sur le site Internet de la Commission. Toutes les parties intéressées peuvent remplir ce questionnaire. Cependant, la Commission a ajouté une liste de parties prenantes considérées comme particulièrement intéressées à fournir des commentaires. Cette liste de parties prenantes comprend :
Agences gouvernementales ; Pouvoirs adjudicateurs ; Organisations non gouvernementales ; Aux niveaux national, régional et local et auprès des centrales d’achat ; Le monde des affaires et ses représentants, notamment les PME, les start-ups et les entreprises sociales ; Les partenaires sociaux, y compris les syndicats ; établissements universitaires et instituts de recherche.
Cette liste peut être complétée jusqu’au 26 janvier 2026.
Source : Cabinet d’avocats Dirk De Keuster





