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Preuve sur place : du concret aux octets (Schoups)

.NETWORKLe Tribunal - En VedettePreuve sur place : du concret aux octets (Schoups)


Auteurs : Jef Feyaerts et Sarah Van Praet (Schoups)

Dans le secteur de la construction, les discussions sont presque inévitables. Les retards, défauts, écarts par rapport aux plans ou travaux supplémentaires inattendus entraînent souvent des désaccords entre le client, l’entrepreneur et l’architecte. Lorsque les discussions menacent d’aboutir devant les tribunaux, cela se résume souvent à une question cruciale : « qui peut prouver quoi ? À une époque où le secteur de la construction devient de plus en plus numérique, la collecte de preuves semble plus facile que jamais. Mais quelle est la force de cette preuve numérique dans une procédure judiciaire ?

L’essor des preuves numériques

La numérisation du secteur de la construction change notre façon de travailler et de collecter des preuves. Là où les gens s’appuyaient uniquement sur des documents papier, des courriels et/ou des déclarations de témoins, la technologie offre toute une gamme de possibilités. Des drones survolent le site et fournissent des photos et des vidéos aériennes détaillées, parfaites pour documenter les progrès ou identifier les défauts une fois terminé. Les applications mobiles permettent d’enregistrer quotidiennement les rapports de chantier, les livraisons ou les incidents de sécurité, souvent avec des horodatages automatiques qui renforcent l’authenticité. La communication via WhatsApp ou Teams enregistre des accords et des décisions rapides, tandis que les plans numériques et le BIM (Building Information Modeling) documentent avec précision chaque détail, de la conception à la mise en œuvre. Même les emails sont parfois obsolètes, maintenant que des plateformes comme Bricsys ou Sharepoint peuvent être utilisées pour la communication du site.

Ces outils numériques offrent d’énormes avantages : ils rendent la documentation plus rapide, plus visuelle et plus objective. Les litiges concernant des retards, des défauts ou des travaux supplémentaires peuvent ainsi être réglés plus efficacement. Mais il y a un inconvénient : ces preuves sont-elles utiles dans un contexte juridique ? Comment vous assurer que vos données numériques comptent vraiment ?

Le cadre juridique : Livre 8 du Code civil

Depuis la réforme du droit de la preuve au livre 8 du Code civil, le principe de la liberté de preuve est central (article 8.8 du Code civil néerlandais). En principe, on peut utiliser n’importe quel moyen pour prouver un fait, à moins que la loi ne le limite explicitement. Cela signifie que vous pouvez utiliser une vidéo de drone qui montre la progression d’un site ou un message WhatsApp dans lequel le client accepte un changement.

Cependant, toutes les preuves n’ont pas la même valeur (c’est-à-dire la mesure dans laquelle elles convainquent le juge). Une seule photo ou un seul message peut être remis en cause par le juge. Par exemple, le juge examinera la fiabilité et l’authenticité de la preuve. Par exemple, un message WhatsApp confirmant un accord verbal a moins de valeur qu’un contrat signé numériquement avec une heure et un lieu. Les systèmes qui enregistrent les données de manière chronologique ou enregistrent automatiquement les modifications – comme les logiciels de site spécialisés – augmentent la crédibilité.

Par ailleurs, il convient de rendre les preuves contradictoires : si toutes les parties (maître d’ouvrage, entrepreneur, architecte) font des observations communes et que toutes ont pu apporter leurs commentaires, par exemple lors de réunions de chantier, lors d’une réception provisoire ou lors d’une visite d’un expert mandaté en commun. Les preuves contradictoires restent extrêmement importantes pour de nombreux tribunaux, et les preuves unilatérales devront toujours rivaliser avec l’exigence du contradictoire. Les preuves unilatérales jouent évidemment toujours un rôle, même si elles n’ont pas en elles-mêmes une valeur probante insuffisante, par ex. comme début de preuve pour la désignation d’un expert judiciaire (qui rendra des conclusions contradictoires).

Un point d’attention crucial : le contrat reste déterminant. Certains contrats osent exclure ou prescrire certaines formes de preuve (par exemple un document signé pour un règlement). Ces limitations ou obligations doivent être prises en compte : le message WhatsApp du client acceptant un changement est-il suffisant si le contrat nécessite un accord signé par les deux parties ?

Si le contrat ne prévoit rien concernant les moyens de preuve ou si les parties semblent l’ignorer, le comportement de ces parties doit également être pris en compte. S’ils permettent l’approbation des règlements via un workflow sur un Sharepoint partagé sur tout le chantier, il sera plus difficile de nier que les données disponibles sur place ne constituent pas des preuves valables.

Points à considérer pour les preuves numériques

Bien que les preuves numériques soient puissantes, certains points doivent être pris en compte pour les rendre juridiquement solides :

Garantissez l’intégrité et l’authenticité : utilisez des systèmes qui datent et sécurisent automatiquement les données, tels que des applications horodatées ou des plates-formes basées sur la blockchain. Cela rend plus difficile la contestation des preuves. Un conseil pour les utilisateurs de WhatsApp : votre contact peut supprimer les messages envoyés. La lecture des messages peut s’avérer utile (même par huissier pour plus de sécurité). Documentez de manière contradictoire : demandez à toutes les parties d’approuver les conclusions importantes, par exemple via des signatures numériques ou des rapports de chantier que tout le monde signe. Une solution provisoire : assurez-vous qu’il peut être prouvé que tout le monde a lu le message (une acceptation tacite en l’absence de protestation peut vous aider). Il en va de même pour les photos ou les vidéos : le simple fait de les envoyer à l’autre partie entraînera un e-mail horodaté (éventuellement sans protestation). Combinez-les avec des preuves « traditionnelles » : les preuves numériques sont puissantes, mais un dossier papier classique a toujours son rôle. Fournir de la structure : une collection désordonnée de photos ou de messages individuels est moins convaincante qu’un fichier numérique structuré avec une chronologie claire. Un ajout au dossier traditionnel

Malgré l’avancée des options numériques pour recueillir des preuves, un dossier traditionnel solidement étayé reste indispensable. Les méthodes et documents établis sont très fiables, surtout s’ils sont contradictoires. Les points suivants ne peuvent être négligés :

Contrats et documents contractuels : accords écrits entre le client, l’entrepreneur et l’architecte, y compris les devis, les plans, les spécifications et tout accord supplémentaire. Rapports de chantier : rapports d’avancement réguliers (! y compris l’e-mail avec lequel ils ont été distribués), contenant les dates, les travaux effectués, les personnes présentes et les éventuels problèmes ou écarts. Documents techniques : les litiges concernant la qualité, les règles de l’art ou la responsabilité technique nécessitent généralement également des documents tels que des fiches produits, des normes techniques et l’évaluation d’un expert technique. Rapports d’avancement et factures : ils fournissent une excellente représentation de l’état du chantier à un moment donné, maintenant que de nombreux accords ont généralement été conclus sur la vérification des rapports d’avancement (ce qui contribue à leur caractère contradictoire). Correspondance : Lettres, e-mails et autres communications dans lesquels sont enregistrés des accords, des instructions ou des modifications, et dont on peut déduire une acceptation tacite en l’absence de protestation. La correspondance in tempore non suspecto a une plus grande importance, c’est-à-dire avant le litige. Rapports officiels et autres rapports : documents qui enregistrent officiellement des événements spécifiques, tels que des livraisons ou des constatations de défauts. Il existe également le rapport d’huissier : celui-ci n’apporte pas de preuves contradictoires (ce qui signifie qu’il doit tout de même être traité avec prudence), mais il confirme l’état de faits purement factuels (par exemple le fait qu’un plafond fuit au jour X, et non la cause de la fuite). Les témoignages peuvent être utiles dans certains cas (à établir conformément aux exigences formelles applicables), même s’ils n’ont généralement pas, en tant que preuves plutôt unilatérales, une valeur décisive dans les litiges en matière de construction. La combinaison d’un fichier classique et numérique

En combinant la technologie numérique avec un dossier traditionnel soigneusement construit, cela augmente la valeur juridique de la preuve. Les outils numériques rendent la collecte, le stockage et la récupération des données plus efficaces et plus précis, tandis qu’un fichier classique constitue une base solide que les juges acceptent souvent comme standard. Ensemble, ils forment une combinaison puissante qui limite autant que possible les discussions et renforce votre position dans les discussions ultérieures.

Quelques brefs points à retenir :

Vérifiez votre contrat et ses obligations/restrictions en matière de preuves. Des preuves contradictoires, plus de chances de gagner Partager, c’est prendre soin : transférez autant que possible les preuves pertinentes aux parties concernées pendant le chantier – une photo ou une vidéo envoyée par e-mail vaut donc plus que seule. La réussite ou l’échec des preuves (numériques) dépend de la crédibilité et de la traçabilité de l’origine : l’enregistrement du temps et d’autres métadonnées sont importants. Un dossier de preuves organisé est la clé de la victoire dans tout litige, avec un rôle pour les preuves numériques et les preuves traditionnelles.

Source : Schoups



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