Par Lahcen Isaac Hammouch
L’acceptation par Sa Majesté le Roi Mohammed VI de l’invitation du Président américain Donald J. Trump à devenir membre fondateur du Conseil de Paix constitue un acte diplomatique d’une portée exceptionnelle, qui dépasse largement le cadre d’une simple initiative institutionnelle. Elle consacre, au plus haut niveau international, la reconnaissance du Maroc comme puissance morale et stratégique de stabilité, ainsi que la consécration personnelle du Souverain en tant que leader mondial de la paix crédible, respecté et écouté.
Dans un monde traversé par des fractures géopolitiques profondes, par l’essoufflement des mécanismes multilatéraux traditionnels et par la montée des conflits asymétriques, l’appel adressé au Roi du Maroc n’est ni fortuit ni circonstanciel. Il traduit la volonté américaine d’ancrer ce nouveau Conseil dans une légitimité politique et éthique incontestable, incarnée par des dirigeants dont l’action en faveur de la paix ne relève pas du discours, mais d’une pratique constante, patiente et responsable. En ce sens, la présence du Souverain marocain dès la fondation de cette structure en fixe d’emblée le niveau d’exigence, la crédibilité et l’ambition.
Le Maroc, sous l’impulsion de Mohammed VI, s’est imposé ces dernières années comme un acteur singulier, capable de dialoguer avec des partenaires aux orientations parfois opposées, sans jamais rompre avec ses principes fondamentaux. Cette diplomatie d’équilibre, fondée sur la constance, la discrétion et l’efficacité, a permis au Royaume de jouer un rôle déterminant aussi bien en Afrique qu’au Moyen-Orient, en Méditerranée et au-delà. L’adhésion fondatrice au Conseil de Paix vient ainsi couronner une trajectoire diplomatique cohérente, qui fait du Maroc un point d’ancrage fiable dans un environnement international instable.
En acceptant de ratifier la Charte constitutive du Conseil, le Souverain ne se contente pas d’adhérer à une nouvelle organisation. Il contribue à en définir l’âme, la méthode et la finalité. Le Conseil de Paix, tel qu’envisagé, se veut une structure résolument tournée vers l’action, rompant avec les logiques d’inertie et de déclarations sans lendemain. Le choix du Maroc comme membre fondateur traduit la conviction que la paix durable ne peut être imposée, mais construite à travers la gouvernance, le développement, la restauration de la confiance et l’implication directe des acteurs crédibles sur le terrain.
Cette reconnaissance internationale est également indissociable du rôle unique de Mohammed VI en tant que Président du Comité Al-Qods, fonction qui confère au Maroc une autorité morale particulière sur la question palestinienne. Dans le contexte du Moyen-Orient, marqué par des tensions extrêmes et des recompositions délicates, la voix du Royaume reste l’une des rares à conjuguer fermeté sur les principes, refus de toute instrumentalisation et ouverture au dialogue. L’acceptation marocaine intervient d’ailleurs en parallèle de l’annonce d’une nouvelle phase du plan de paix américain et de la mise en place d’un cadre transitoire pour l’administration de Gaza, soulignant la centralité du Maroc dans les équilibres à venir.
À travers cet engagement, le Royaume réaffirme avec force sa position constante en faveur d’une paix juste, globale et durable, fondée sur la solution à deux États, avec l’établissement d’un État palestinien dans les frontières de 1967 et Jérusalem-Est comme capitale. Cette ligne claire, jamais déviée, renforce la crédibilité du Maroc et explique la confiance dont il bénéficie auprès des grandes puissances comme des acteurs régionaux.
Plus qu’une distinction diplomatique, l’entrée du Maroc comme membre fondateur du Conseil de Paix consacre une réalité stratégique : celle d’un pays qui ne subit pas les recompositions du monde, mais y participe activement, en proposant une vision, une méthode et une éthique de la paix. Sous la conduite de Mohammed VI, le Royaume confirme qu’il n’est pas seulement un partenaire, mais un pilier de la stabilité internationale, appelé à jouer un rôle structurant dans la redéfinition des architectures de paix du XXIᵉ siècle.







