
Les procureurs et la police allemands ont perquisitionné mercredi le siège de la Deutsche Bank à Francfort et ses bureaux à Berlin dans le cadre d’une enquête sur des infractions présumées de blanchiment d’argent, ont indiqué des responsables.
Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, l’enquête est liée à des délits présumés dans les relations de la banque avec des sociétés liées au milliardaire russe Roman Abramovich.
Les procureurs ont confirmé les perquisitions dans les locaux de la plus grande banque allemande, mais n’ont pas précisé qui était visé.
Le parquet de Francfort a déclaré qu’il menait une « enquête sur des responsables inconnus et des employés de la Deutsche Bank soupçonnés de blanchiment d’argent… et d’autres allégations connexes au titre de la loi anti-blanchiment d’argent ».
« Dans le passé, Deutsche Bank entretenait des relations commerciales avec des sociétés étrangères (…) elles-mêmes soupçonnées d’avoir été utilisées à des fins de blanchiment d’argent », a déclaré un porte-parole de l’institution dans un communiqué à l’AFP.
L’enquête est menée par une unité spécialisée dans la criminalité économique en collaboration avec la police fédérale.
Un porte-parole de la Deutsche Bank a confirmé les perquisitions et la banque a déclaré qu’elle « coopérait pleinement avec les procureurs », mais a refusé de commenter davantage.
Le site d’information Der Spiegel a indiqué que la perquisition à Francfort avait impliqué une trentaine d’enquêteurs en civil.
Selon des sources financières, l’enquête porte sur des infractions présumées commises entre 2013 et 2018.
Le Sueddeutsche Zeitung a déclaré que Deutsche Bank faisait l’objet d’une enquête parce qu’elle était soupçonnée de ne pas avoir signalé en temps utile un éventuel blanchiment d’argent.
Le quotidien rapporte que l’enquête porte à la fois sur les paiements reçus par la Deutsche Bank via un compte de correspondant russe et sur les relations antérieures de la banque avec les propres sociétés d’Abramovich.
Abramovich a été sanctionné par l’UE suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
L’examen minutieux des liens entre Trump et Assad
Ces perquisitions interviennent à la veille de la publication des résultats de la banque pour le quatrième trimestre 2025.
Deutsche Bank a fait l’objet d’un examen minutieux à plusieurs reprises ces dernières années pour des transactions suspectes.
En 2022, ses bureaux ont été perquisitionnés à la suite de « déclarations d’activités suspectes déposées par la banque », toujours en relation avec le blanchiment d’argent.
Les médias de l’époque indiquaient que l’enquête était centrée sur une transaction impliquant Rifaat al-Assad, l’oncle de Bachar al-Assad, alors dirigeant syrien.
En 2019, des commissions du Congrès américain ont émis des assignations à comparaître concernant les dossiers de la Deutsche Bank concernant le président américain Donald Trump, y compris des rapports d’activités suspectes.
La banque aurait prêté plus de 2 milliards de dollars aux entreprises de Trump dans les années 1990, alors que d’autres prêteurs ne l’avaient pas fait, dans le cadre d’opérations qui ont suscité l’intérêt des régulateurs.
La famille Trump a ensuite poursuivi la banque pour l’empêcher de se conformer aux assignations.
Le groupe basé à Francfort a également été mis sous surveillance pour son rôle de banque par correspondance gérant les transactions à l’étranger pour la succursale estonienne de Danske Bank, au centre d’une affaire de blanchiment d’argent de 200 milliards d’euros (212 milliards de dollars) entre 2007 et 2015.
Deutsche Bank a ensuite accepté de payer une amende de 13,5 millions d’euros pour ne pas avoir signalé assez rapidement toute activité suspecte, à l’issue d’une enquête menée par le parquet de Francfort.
(FRANCE 24 avec AFP)





