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Arbitrage par géographie : pourquoi Hong Kong est important dans Fridman contre Luxembourg

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Il existe des cas où la procédure juridique devient discrètement politique, non pas parce que quiconque le souhaite explicitement, mais parce que le contexte environnant la rend inévitable. L’arbitrage d’investissement en cours intenté par Michail Fridman contre le Luxembourg semble dériver précisément vers ce territoire.

Selon les informations circulant parmi les juristes familiers avec l’arbitrage au niveau européen, le tribunal a à ce stade résolu l’une des questions préliminaires les plus sensibles : le siège de l’arbitrage et le lieu des futures audiences. Le tribunal s’est prononcé en faveur de Hong Kong (photo), rejetant la préférence du Luxembourg pour Singapour et mettant de côté Dubaï, qui avait été discutée comme un possible compromis.

Sur le papier, la décision peut être défendue comme technique. Hong Kong est une plateforme d’arbitrage mondialement reconnue, dotée d’une profession juridique sophistiquée et d’une longue histoire de traitement de litiges commerciaux complexes. Pourtant, en pratique, ce choix soulève des questions qui vont bien au-delà de la logistique des lieux, compte tenu notamment du contexte politique et des sanctions entourant cette affaire.

Quand la procédure rencontre la géopolitique

L’arbitrage porterait sur des réclamations approchant les 16 milliards d’euros, ce qui en ferait l’un des différends entre investisseurs et États les plus importants sur le plan financier touchant actuellement l’Union européenne. Cela s’inscrit également mal à l’aise avec la politique de sanctions de l’UE, compte tenu du statut de Fridman en tant qu’homme d’affaires russe sanctionné et du contexte plus large de la confrontation de l’UE avec Moscou après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Dans ce contexte, la décision de situer la procédure à Hong Kong sera probablement examinée de près à Bruxelles et dans d’autres capitales de l’UE. Même si Hong Kong conserve son propre système juridique selon le principe « un pays, deux systèmes », les sentences arbitrales et le contrôle judiciaire relèvent en fin de compte de la souveraineté de la Chine. Cette réalité ne peut être dissociée de l’alignement géopolitique actuel de Pékin, y compris de sa position particulièrement non conflictuelle à l’égard de la Russie.

D’un point de vue européen, l’idée selon laquelle un différend touchant au cœur de la politique de sanctions de l’UE pourrait être ancré procéduralement dans une juridiction sous souveraineté chinoise est, pour le moins, inconfortable.

La décision relative au siège alimente inévitablement le récit selon lequel le Luxembourg – et par extension l’UE – a perdu le contrôle d’un différend aux profondes implications politiques.

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Pourquoi Bruxelles pourrait y prêter attention

Pour le Luxembourg, il s’agit d’une exposition à une responsabilité financière potentiellement énorme. Pour l’UE, il s’agit de quelque chose de plus structurel : la question de savoir si les différends liés aux sanctions et à la politique étrangère peuvent migrer en toute sécurité vers des juridictions dont les intérêts géopolitiques ne correspondent pas aux intérêts européens.

Si cet arbitrage aboutit à une sentence finale sous la supervision juridique de Hong Kong, des questions pourraient se poser quant à son application au sein de l’UE, à l’acceptation politique du résultat et au précédent qu’il crée pour les futurs différends liés aux sanctions.

En ce sens, le choix de Hong Kong pourrait s’avérer plus conséquent que bon nombre des arguments juridiques qui restent à venir.

Non pas pour ce qu’il garantit, mais pour ce qu’il symbolise : un différend majeur sur les sanctions liées à l’UE, ancré procéduralement dans une juridiction façonnée par une politique de puissance mondiale bien au-delà du contrôle de l’Europe.

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