Plus de deux mille personnes ont convergé vers la place Victor-Hugo avant de rejoindre le Trocadéro pour dénoncer la République islamique et soutenir les manifestants qui défient le pouvoir en Iran. La foule, dense et passionnée, arborait les drapeaux du lion solaire, emblème de l’ancien régime impérial, mêlés aux couleurs françaises et israéliennes. L’ambiance était électrique, portée par une jeunesse iranienne mobilisée comme rarement et par de nombreux citoyens venus exprimer leur solidarité.
La manifestation a également rassemblé plusieurs responsables politiques venus publiquement soutenir le mouvement. L’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, le sénateur Francis Szpiner et la députée Constance Le Grip se sont succédé au micro pour saluer le courage des Iraniens et appeler à une transition démocratique en Iran. Leurs interventions ont été accueillies avec sérieux mais c’est un autre nom qui a véritablement déclenché l’enthousiasme général.
Lorsque la militante féministe Alice Cordier, fondatrice du collectif Nemesis, est montée sur la tribune, la manifestation a pris un ton plus tranché. Agitant une pancarte « fuck Khamenei », elle a été immédiatement saluée par une clameur impressionnante, preuve d’une attente profonde vis-à-vis de voix féminines capables de s’opposer frontalement au régime iranien. Sa présence a fait écho à un constat largement partagé parmi les manifestants : le silence des grands mouvements féministes français sur les violences subies par les Iraniennes, silence que Nemesis refuse d’adopter depuis le début des soulèvements.
Cette mobilisation parisienne, tenue sous haute surveillance policière et empêchée d’approcher l’ambassade d’Iran, a confirmé l’importance de la diaspora dans le soutien aux mouvements de contestation. Malgré l’interdiction de manifester dans plusieurs capitales voisines, comme à Istanbul, les exilés iraniens et leurs soutiens en France ont affiché une détermination intacte. Slogans, chants, prises de parole et symboles historiques ont donné à ce rassemblement l’allure d’un appel pressant à ne pas détourner le regard de ce qui se joue aujourd’hui en Iran.







