Ce 18 septembre 2025, la ville de Liège a été secouée par deux événements marquants, à l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de Jean Gol.
Dans la matinée, c’est au cimetière de Robermont que l’émotion a frappé. La tombe de l’ancien ministre d’État a été vandalisée : recouverte d’une substance noire ressemblant à du mazout et taguée de slogans à la peinture rouge, dont « MRde », insulte visant le Mouvement Réformateur, et « Never Again ». L’information a été confirmée par RTL Info. La famille, profondément choquée, a parlé d’une « agression contre une personne décédée ». Les condamnations ont rapidement afflué. Georges-Louis Bouchez, président du MR, a dénoncé « un geste honteux et inacceptable ». Les auteurs n’ont pas encore été identifiés et une enquête est en cours.
Le soir, un hommage officiel était prévu à l’Université de Liège. L’événement, organisé pour commémorer à la fois les 30 ans du décès de Jean Gol et les 20 ans du Centre d’études qui porte son nom, a lui aussi été perturbé. Selon 7sur7, environ 400 manifestants s’étaient rassemblés aux abords du bâtiment. On y retrouvait des militants pro-palestiniens, des collectifs d’extrême gauche et certains syndicats. Leur objectif : protester contre la présence de responsables du MR, en particulier Georges-Louis Bouchez, accusé par eux de soutenir des positions favorables à Israël.
Très vite, la tension est montée. Des œufs ont été lancés sur le président du MR, qui a dû entrer par une fenêtre pour éviter les heurts, rapporte RTL Info. Gilles Foret, premier échevin de Liège, a quant à lui été agressé après avoir tenté de dialoguer avec des manifestants. La police a été mobilisée pour contenir la situation et plusieurs élus ont finalement trouvé refuge dans le Théâtre de Liège voisin.
Cette journée, qui devait être consacrée à la mémoire et au recueillement, a pris une tournure bien différente. Jean Gol, disparu prématurément en 1995 à seulement 53 ans, reste une figure majeure de la vie politique belge. Juriste et professeur à l’Université de Liège, il s’était imposé comme l’un des grands noms du libéralisme francophone. Vice-premier ministre, ministre de la Justice et de la Réforme institutionnelle, il a marqué l’histoire par son engagement européen et sa défense des libertés fondamentales.
Trente ans plus tard, le souvenir de Jean Gol devait rassembler. Mais entre la profanation de sa tombe et les affrontements qui ont entouré la commémoration, c’est un double choc qu’ont vécu ses proches et ses anciens compagnons de route. Une journée qui, au lieu de célébrer l’héritage d’un homme attaché au dialogue démocratique, a mis en lumière les tensions qui traversent aujourd’hui la société.







