Le porte-parole Stéphane Dujarric a averti que «la situation humanitaire et sécuritaire au Soudan reste désastreuse et s’aggrave».
Il a mis en évidence des combats intenses autour d’El Fasher, notant: «Nous sommes gravement alarmés par des rapports d’hostilités intensifiées … y compris des attaques au cours des deux derniers jours qui ont fait des victimes civiles.»
Le sort des personnes déplacées est particulièrement aiguë. « Hier, a signalé des bombardements dans le camp de déplacement d’Abu Shouk … tué et blessé des civils », a confirmé M. Dujarric.
Famine qui prend ses preuves
Ce camp est parmi les points chauds critiques où la famine s’installe, aux côtés de Zamzam et Al Salam, et des zones des montagnes occidentales de Nuba, affectant environ 640 000 personnes.
L’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) fait un appel urgent à l’action pour éviter une famine généralisée, d’autant plus que la saison maigre et pluvieuse s’approche. «Il est essentiel que les organisations d’aide aient un accès sûr et sans entrave aux personnes dans le besoin», » Ocha souligné.
Actuellement, environ 25 millions de Soudanais sont confrontés à l’insécurité alimentaire aiguë, un nombre devrait culminer entre juin et septembre. Au-delà de l’aide alimentaire immédiate, l’aide agricole est vitale pour stimuler la production locale.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) nécessite plus de 82 millions de dollars pour soutenir 7,5 millions d’agriculteurs avec des semences et des ressources essentielles avant la saison de plantation en juin.
‘Le temps est épuisé’
« Avec la saison des pluies qui commence bientôt et les inondations le long des routes clés susceptibles de composer des défis d’accès, le temps est épuisé », a averti M. Dujarric.
Le conflit a dévasté les moyens de subsistance agricoles, une bouée de sauvetage pour les deux tiers de la population du Soudan. « Le conflit en cours au Soudan a brisé les moyens de subsistance agricoles … a perturbé l’accès au marché et a laissé des millions de familles agricoles incapables de planter ou de récolter », a-t-il expliqué.
La destruction des infrastructures et des déplacements forcés ont aggravé la crise.
Le déclin économique et les restrictions commerciales ont fortement augmenté les prix des denrées alimentaires, ce qui limite l’accès aux nécessités de base, a ajouté le porte-parole de l’ONU.
«L’OCHA souligne que le soutien opportun aux agriculteurs du Soudan est essentiel – non seulement pour éviter la famine … mais aussi pour restaurer les moyens de subsistance et renforcer la résilience.»
Il a souligné la position de l’ONU selon laquelle les civils et les infrastructures civiles ne doivent jamais être une cible. « Toutes les parties doivent respecter leurs obligations … et prendre le plus grand soin pour épargner les civils. »