L’avis du Conseil d’Etat est « assassin » et malgré tout, « le gouvernement continue à avancer comme si de rien n’était. C’est du jamais vu !« , fulmine mardi le PS.
Aux côtés d’Ecolo, les socialistes demandaient depuis plusieurs semaines à disposer de l’avis de la haute juridiction, rendu le 17 mars dernier et visiblement gardé sous le manteau par le gouvernement. « Nous avons interrogé la ministre de l’Energie Cécile Neven en commission le 18 mars puis le gouvernement le lendemain, en séance plénière. Ils nous ont assuré qu’ils n’avaient pas d’information sur le sujet« , explique-t-on au PS.
« Aujourd’hui, quand on lit l’avis particulièrement sévère, on comprend pourquoi le gouvernement s’est assis dessus pendant 15 jours« , ajoute-t-on. « Le Conseil d’Etat est très clair : les dispositions relatives à la nécessité de payer 20% d’acompte et le délai de 15 jours pour pouvoir introduire une demande de maintien aux conditions de l’ancien régime doivent être revues. Or, la majorité n’apportent pas de réponse à ces remarques« , poursuit le parti.
Selon ce dernier, l’avis du Conseil d’Etat ouvre la porte à de nombreux contentieux juridiques: « les citoyens sont en colère. Ils vont se tourner vers les tribunaux pour contester le système en s’appuyant sur cet avis. »
Ils ont joué aux pompiers pyromanes.
Le PS pointe enfin l’explosion des demandes à la suite de l’annonce de la réforme. Selon les chiffres obtenus par les socialistes, on est passé d’une moyenne de 4.300 demandes de primes par mois durant la législature passée à 27.000 en février dernier. « Ils ont joué aux pompiers pyromanes et ont créé une véritable bulle dont ils vont devoir la facture. Et ce sera un budget colossal« , avertissent-ils.
Un dérapage également dénoncé par le PTB. « En accusant l’ancien ministre de l’Energie (l’Ecolo Philippe Henry, ndlr) du « dérapage budgétaire« , la ministre actuelle Cécile Neven et le ministre-président, Adrien Dolimont, ont menti et ont fui leurs responsabilités. Ce gouvernement n’est pas un gouvernement d’ingénieurs mais un gouvernement de menteurs et d’amateurs« , martèle Germain Mugemangango, le chef de groupe de l’extrême gauche au parlement wallon.
« Le gouvernement justifie son entêtement par un prétendu dérapage budgétaire institué par la réforme des primes énergie de 2023. Mais les chiffres révélés par le journal L’Avenir ce mardi matin sur le nombre de dossiers de primes déposés au sein de l’Administration indiquent que l’emballement pour les primes a lieu… à partir d’octobre 2024, soit après les premières annonces angoissantes du gouvernement MR-Engagés sur une possible suppression des primes« , renchérit Ecolo. « La réalité, c’est que la coalition Bleu pétrole est en football panic depuis qu’elle a décidé de vider les caisses de la Wallonie avec sa réforme des droits d’enregistrement et des droits de succession« , concluent les écologistes.