Retour de l’anxiété : un phénomène mondial
Derrière le rejet d’un fast-food, se cache une époque troublée. Pour Fons Van Dyck, la montée des protestations reflète une anxiété sociale profonde, proche de celle vécue dans les années 1970-80 : « C’était l’époque du punk, de la new wave, du ‘No future’. Aujourd’hui, on retrouve ce même sentiment chez les jeunes générations, qui se replient sur elles-mêmes, souvent en ligne, et se tournent vers des figures autoritaires. »
Crises économiques, conflits géopolitiques, catastrophes climatiques… les sources de stress collectif s’accumulent. Dans ce contexte, toute forme de nouveauté, surtout venue de l’étranger, est perçue avec méfiance. » McDonald’s, malgré sa promesse de constance, incarne une modernité anxiogène « , ajoute le professeur invité à la VUB.
McDonald’s incarne une modernité anxiogène
Selon lui, ce réflexe de protection identitaire n’est néanmoins pas propre à la Flandre. De la France à l’Italie, en passant par l’Allemagne, la critique des marques américaines va souvent de pair avec la défense du terroir, des traditions locales, d’un mode de vie perçu comme en danger.
À Hoevenen, le combat se poursuit. Dans les médias flamands, on parle de burgeroorlog : une « guerre des burgers » au double sens du terme – guerre contre les hamburgers, mais aussi guerre civile (burger signifiant aussi citoyen en néerlandais). La tension entre partisans du développement économique et défenseurs du patrimoine local fracture les villages.
Il faudra encore attendre avant de connaître la décision officielle de la commune de Stabroek, dont dépend Hoevenen. Une enquête publique doit d’abord être menée. Mais une chose est sûre : cette burgeroorlog contre les McDonald’s en Flandre est loin d’être terminée.
[Article réalisé en collaboration avec DaarDaar, le site qui propose le meilleur de l’actualité flamande en français].