La N-VA est-elle devenue woke ? La question est certes provoc. La N-VA s’est ouvertement déclarée anti-woke. Pourtant le gouvernement de Bart De Wever a déploré la demande des États-Unis de mettre fin aux politiques de diversité dans les entreprises qui contractent avec le gouvernement américain.
La croisade anti-woke de Donald Trump concerne la Belgique
La croisade anti-woke menée par le régime de Donald Trump ne concerne pas que les États-Unis, les bibliothèques, les universités et les programmes de recherche. Elle ne concerne pas que les entreprises américaines, elle concerne aussi toutes les entreprises non américaines qui contractent de près ou de loin avec l’État américain.
Ces derniers jours, on a appris que l’ambassade américaine en France avait envoyé une lettre à une série d’entreprises françaises leur demandant de mettre fin à leurs programmes internes d’inclusion et de diversité. La même chose s’est produite chez nous. Le ministère des Affaires étrangères confirme en effet que des entreprises belges sont concernées. C’est à lire dans L’Echo ce matin. Le journal a d’ailleurs contacté une vingtaine d’entreprises belges qui, « ne souhaitent pas communiquer et veulent rester sous les radars« . D’autres, qui n’ont pas reçu la lettre, préfèrent ne pas parler de peur d’être repérées par l’ambassade américaine. C’est dire à quel point l’intimidation américaine fonctionne, quoi qu’on en dise.
Regrets du gouvernement De Wever
Le gouvernement de De Wever a répondu et s’oppose à cette intervention américaine. L’ambassade américaine a été contactée pour faire part des préoccupations de la Belgique. Maxime Prévot, le ministre des Affaires étrangères, a regretté un pas en arrière et défendu les politiques d’inclusion dans les entreprises comme « socle d’une société forte et dynamique« .
Plus intéressant, Jan Jambon, vice-Premier ministre N-VA, défend : « une culture de non-discrimination en Europe. Ce n’est pas le patron de l’Amérique qui doit nous donner des leçons« . Le ministre-président flamand, Mathias Diependaele, N-VA lui aussi, va dans le même sens : « Le gouvernement flamand opte donc pleinement, de manière autonome, pour une politique qui renforce nos entrepreneurs, avec tout le monde à bord« .
Front commun anti anti-woke même à la N-VA
Un front commun pour les politiques d’intégration, qui peut surprendre de la part de la N-VA. Car Bart De Wever s’est positionné comme ennemi du wokisme. Il a plusieurs fois dit tout le mal qu’il pensait de certaines politiques anti-discrimination basées sur une culture victimaire. Des politiques jugées culpabilisantes qui considèrent qu’une majorité des Flamands bénéficierait de privilèges injustes sur des minorités. La N-VA a d’ailleurs obtenu dans l’accord de gouvernement une baisse drastique de la dotation d’Unia, l’organisme fédéral chargé de traquer les discriminations.
Mais ce positionnement anti-woke se heurte ici aux excès de l’antiwokisme de Trump. Bart De Wever a traité Donald Trump de « bully », de brute, de tyran. Et il avait déjà expliqué que, pour lui, Donald Trump a une réaction excessive à un wokisme américain lui aussi excessif.
La N-VA n’est donc pas devenue woke, bien sûr, mais par rapport à Trump, Bart De Wever apparaît donc comme un anti-woke modéré. Ou un anti anti-woke radical si vous voulez. Dans une interview au Standaard, il avait expliqué que le wokisme avait fait de l’Occident la piñata du monde, un truc sur lequel tout le monde aime frapper. Mais aujourd’hui, il doit bien constater que l’Europe est devenue la piñata des anti-woke les plus radicaux.