L’introduction des systèmes de limitation de chômage a-t-elle eu un effet positif sur l’emploi dans ces pays ? En réalité, il est impossible de le déterminer. « Aucun pays riche ne peut être utilisé pour répondre à cette question puisque dès leur conception, ces pays ont appliqué une fin de droit« , explique l’économiste, professeur émérite et chercheur à l’IRES de l’UCLouvain, Bruno Van der Linden. En revanche, « de nombreux exemples de modification de la durée maximum d’octroi d’allocations de chômage » ont pu être étudiés.
Et ce que l’on observe, c’est que « pour une partie de la population, la stimulation de retour vers l’emploi a clairement un impact. Les personnes retrouvent un emploi plus rapidement qu’en l’absence de la réforme, et la littérature étrangère ne conclut pas que la qualité de ces emplois est dégradée« . En revanche, une autre frange des demandeurs d’emploi « essaiera soit de partir vers d’autres statuts (comme la maladie, par exemple), soit disparaîtra des banques de données« , affirme le professeur émérite. Dans ce dernier cas, « on suppute que ces personnes se sont retirées du marché du travail ou sont entrées dans une économie informelle (travail au noir, délinquance…).«
Des phénomènes similaires avaient d’ailleurs déjà été observés en Belgique en 2012. Cette année-là, « il avait été décidé que les allocations d’insertion des jeunes à la sortie de l’école ne seraient plus à durée indéterminée mais s’arrêteraient après trois ans« , a déclaré Bruno Van der Linden dans le podcast « Les Clés » de La Première. « La population directement visée par cette fin de droit s’est répartie en tiers : un tiers a trouvé un emploi ou a suivi une formation, un tiers s’est tourné vers les CPAS et un autre tiers a disparu des radars« , détaille l’économiste. « Je pense néanmoins que l’utilisation de ces résultats est à faire avec des pincettes puisqu’il s’agissait d’un public jeune. Ici, le public sera beaucoup plus âgé. »