C’est la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. En Belgique, 110.000 personnes sont atteintes d’un trouble du spectre autistique. Un chiffre en augmentation mais le diagnostic est souvent difficile à poser. Les rendez-vous doivent être pris plus d’un an à l’avance.
Entre les poupées et les lapins en peluche, ce qui ressemble à une salle de jeu est, en réalité, un lieu d’examen. Pendant une demi-heure, le docteur joue et échange avec l’enfant avec plusieurs objectifs en tête, « c’est de voir comment il répond aux sollicitations qu’on lui fait, comment il joue, ce qui l’intéresse. Tente-t-il d’attirer l’attention ? Celle de sa maman ? De chercher du réconfort ? C’est vraiment un moment d’observation« , explique le neuropédiatre, Pierre Defresne. Une rencontre que la maman de Cameron, 3 ans, attendait depuis longtemps : « Ça me soulage qu’on essaie de voir ce qui coince. On va repérer là où il faut agir pour améliorer sa vie« .
Si les rendez-vous sont difficiles à obtenir, c’est aussi parce que le nombre de personnes atteintes d’un trouble du spectre autistique a beaucoup évolué en 30 ans, « dans les années 90, on en comptait 3 sur 10.000 alors qu’aujourd’hui, il s’agit d’une personne sur 100. Cela veut dire que la proportion a changé. Elle a changé parce que les définitions ont changé et parce qu’il y a une plus grande sensibilisation du public« , précise Eric Willaye, directeur général de la Fondation SUSA, à Mons.
Pour les prendre en charge le mieux possible, des structures spécialisées existent comme le Relais. Un centre de jour dans lequel les personnes atteintes d’autisme peuvent se rencontrer : « C’est important d’avoir une activité, avoir tout simplement une raison de se lever le matin. Nous, on se lève pour aller travailler, on a tous des intérêts. Ici, on essaie que les résidents aient un rôle dans notre société, qu’ils participent à la vie de tous les jours « , assure la directrice, Marie-Odile Héraut.