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L’imam Hassen Chalghoumi réunit les cœurs autour d’un Iftar pour la paix à Paris

Plus de 400 personnes, représentants religieux, politiques et citoyens de toutes confessions, se sont rassemblées ce mercredi à Paris à l’invitation de l’imam Hassen Chalghoumi pour un Iftar exceptionnel dédié à la paix. Une soirée marquée par des appels poignants à l’unité et à l’espoir, dans un contexte international tendu.

Parmi les moments forts, les interventions de l’ambassadeur d’Israël en France et des familles d’otages détenus par le Hamas ont ému l’assistance. Leurs témoignages, porteurs d’une douleur universelle, ont rappelé l’urgence de la libération des êtres chers et la nécessité d’un dialogue inlassable. Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a clôturé les discours en citant Apollinaire : « Jamais les créuscules ne vaincront les aurores », une métaphore lumineuse pour saluer la persévérance de celles et ceux qui croient en la paix.

Un discours engagé pour le « vivre-ensemble »

Hassen Chalghoumi a ouvert son allocution par un plaidoyer vibrant pour la coexistence : « Vivre ensemble, ce n’est pas nier nos différences, c’est les reconnaître, les respecter, et les enrichir d’un dialogue sincère ». L’imam de Drancy a rendu hommage au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, pour « sa lutte contre l’extrémisme », ainsi qu’aux forces de l’ordre « qui nous protègent au quotidien ». Insistant sur le rôle central de l’éducation, il a déclaré : « La paix se bâtit par l’éducation. Elle commence ici, entre nous, et se prolonge par des actes forts ».

Refusant toute forme de rejet — « racisme, antisémitisme, extrémisme » —, il a appelé à un engagement collectif : « Votre présence est l’acte fondamental. Le Ramadan nous rappelle que le jeûne ne concerne pas seulement l’abstinence de boire et manger, mais aussi la purification du cœur, la bienveillance et l’ouverture aux autres ». La soirée s’est transformée en une prière commune pour les victimes des crises mondiales : le retour des otages israéliens à Gaza, la libération de l’écrivain Boualem Sansal, la fin de la guerre en Ukraine, et le repos de l’âme d’Ohad Yahalomi, tué lors des attaques du 7 octobre.

Un homme de paix sous protection, mais inébranlable

Au centre de cet élan : Hassen Chalghoumi, imam de Drancy et figure incontournable du dialogue interreligieux en France. Depuis des années, cet homme de conviction multiplie les initiatives pour promouvoir un « islam des Lumières », ouvert et ancré dans les valeurs républicaines. Fondateur de l’association « La Conférence des imams de France », il organise régulièrement des rencontres entre responsables musulmans, juifs et chrétiens, défend la laïcité, et condamne sans ambiguïté toutes les formes d’extrémisme.

Son engagement lui vaut malheureusement des menaces de mort récurrentes. Placé sous protection policière depuis 2009, il continue pourtant de prêcher un message de fraternité, malgré les fatwas et les intimidations. « La haine ne gagnera pas », répète-t-il, inlassablement. En 2015, après les attentats de Charlie Hebdo, il avait notamment organisé une prière interreligieuse à la Grande Mosquée de Paris, réunissant rabbins, prêtres et imams. Plus récemment, il a participé à des marches contre l’antisémitisme et soutenu des projets éducatifs pour les jeunes des quartiers.

Des voix unies contre l’obscurité

Après le discours de Chalghoumi, l’écrivain Marek Halter et Thani Mohamed Soilihi, ministre de la Francophonie, ont à leur tour appelé à « transformer les paroles en actes ». Halter a salué le courage des familles d’otages présentes, « visages d’une résistance pacifique », tandis que Soilihi a insisté sur le rôle de la langue française comme « pont entre les cultures ».

Ce dîner de l’Iftar, symbole de résistance face aux obscurantismes, s’inscrit dans cette lignée. Dans un monde fracturé, où les tensions au Proche-Orient résonnent jusqu’en France, Chalghoumi rappelle que « chaque geste de paix est une victoire contre la barbarie ». Citant un proverbe islamique — « S’il n’est pas ton frère dans ta religion, il est ton frère dans l’humanité » —, il a conclu par un vœu simple et puissant : « Construisons un avenir où nos enfants vivront sans peur et sans haine, mais dans l’amour et la justice. Notre diversité est une richesse pour bâtir des ponts ».

Alors que la nuit du Ramadan enveloppait Paris, cette assemblée a offert une lueur tenace : celle d’une humanité capable de se rassembler, même dans l’épreuve. Comme un écho au poète : ici, les aurores ont bel et bien eu le dernier mot.

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