Mais à 80 ans passés, ou à plus de 90 ans, est-il encore possible de danser ? La réponse est oui. Mais la danse sera différente et le cours se déroulera souvent assis. Une petite dizaine de maisons de repos du Grand Liège en font l’expérience. C’est Laura Dethier qui est à l’origine de cette initiative. Elle est directrice du programme d’impact sociétal de la Mosa Ballet School. Cette ancienne infirmière qui s’est beaucoup occupée de personnes âgées en a eu l’idée après le covid : « Pendant le covid, je me suis rendu compte qu’on avait beaucoup éloigné les personnes âgées de la vie et j’avais envie de leur rendre quelque chose ».
Le cours a lieu dans la salle de restaurant de la maison de repos Mativa. Il y a là une petite quarantaine de participants, ça fait presque un tiers des résidents. Certains sont en chaise roulante. Mais qu’importe. « La danse, ça se passe aussi à l’intérieur », nous explique Laura Dethier. « Il y a la musique, les émotions, la danse ce n’est pas que faire de grandes prouesses de mouvement. »
Et la professeur n’est autre que Fanny Liberatoscioli ! « Déjà rien qu’avec la musique, on est transporté et on peut danser de l’intérieur. Je suis persuadée qu’on a de l’énergie en nous et on la fait bouger. »
Comme pour le cours avec les seniors, elle leur met des musiques modernes. Mais quand elle passe Edith Piaf et La vie en rose, les visages s’illuminent encore plus. Denise, 96 ans, connaît toutes les paroles et suit la chorégraphie avec attention.