Le bourgmestre insiste sur le dilemme des autorités locales, tiraillées entre l’obligation de faire respecter les normes sanitaires et la préoccupation pour le sort de ces personnes vulnérables. « C’est un arbitrage difficile parce qu’il touche à l’humain. Ces personnes sont avant tout des victimes. Victimes d’une vie extrêmement précaire », reconnaît-il. « C’est vraiment parce que leurs conditions de vie sont intenables en termes de salubrité et de propreté publique, d’hygiène, et donc c’est aussi dans leur intérêt qu’ils quittent ce site. »
Des solutions d’hébergement insuffisantes
Le principal défi reste de trouver des solutions de relogement. Les centres d’hébergement bruxellois sont déjà saturés, et les solutions proposées ne correspondent pas toujours aux besoins des familles.
« Si on a un couple qui ne veut pas se séparer par exemple, et qu’on peut trouver une place pour la femme, on peut trouver une place pour l’homme, mais pas dans les mêmes centres. Il y a de fortes chances que les personnes ne prennent pas ce qu’on leur propose », explique Vital Marage, responsable de la « cellule vie précaire » à la commune d’Anderlecht.
Le risque majeur est donc que ces familles se contentent de déplacer leur campement vers un autre terrain, perpétuant ainsi le cycle de la précarité.